
Vague d'alertes à la bombe fictives perturbe massivement le trafic aérien européen
Plusieurs compagnies aériennes sont confrontées à des déroutages d'urgence et des immobilisations au sol pour des raisons de sécurité, alors que les autorités enquêtent sur des alertes coordonnées dans seize pays

Une vague de fausses alertes à la bombe a perturbé l'aviation commerciale à travers l'Europe pour la deuxième semaine consécutive, forçant des déroutages d'urgence, des immobilisations au sol et des escortes de chasseurs dans plusieurs pays. Les autorités ont signalé que des avions opérant dans au moins 16 nations ont été affectés par ces menaces jeudi et vendredi, bien que les inspections de sécurité ultérieures n'aient révélé aucun explosif ni matériel dangereux.
Les perturbations se sont poursuivies vendredi matin lorsqu'un vol Ryanair à destination de Lisbonne a atterri au Portugal suite à une menace téléphonique, provoquant une inspection policière immédiate. Simultanément, les contrôleurs aériens italiens ont dérouté un vol Wizz Air reliant Paris à Rome vers Venise, où les forces de l'ordre ont sécurisé la zone aéroportuaire environnante. Jeudi, des opérations de sécurité ont interrompu plusieurs vols de Polish Airlines à l'aéroport de Varsovie Chopin et dérouté un vol Londres-Varsovie vers Varsovie-Modlin, tandis que des chasseurs ont escorté un avion Finnair jusqu'à Rome après un e-mail anonyme envoyé aux autorités aéroportuaires. En Espagne, les fonctionnaires des frontières ont reçu trois menaces par e-mail en vingt minutes concernant des départs vers Paris et des arrivées d'Italie, tandis qu'un vol au départ de Cork en Irlande a subi un retard de 90 minutes en raison d'une alerte distincte.
Les protocoles de sécurité aérienne exigent que des équipes dédiées à l'évaluation des risques classent les menaces entrantes en différents niveaux de gravité avant de décider des déroutages en vol ou des inspections au sol. Philip Baum, professeur invité en sécurité aérienne à l'Université de Coventry, a déclaré que si les compagnies aériennes reçoivent occasionnellement des menaces non spécifiques, l'ampleur et la nature coordonnée des récentes alertes restent inhabituelles. Il a noté que les immobilisations au sol et les fouilles de sécurité obligatoires peuvent coûter aux compagnies aériennes jusqu'à 250 000 dollars par vol affecté. L'Association britannique des pilotes de ligne a expliqué que les aéronefs en vol sont évalués selon des procédures standardisées pour déterminer si un déroutement immédiat est nécessaire.
Ces incidents font suite à plusieurs fausses alertes plus tôt dans la semaine, ainsi qu'à des cyberattaques distinctes ciblant les systèmes de réfrigération des supermarchés dans les villes européennes. La Commissaire européenne aux transports a déclaré qu'il était trop tôt pour identifier les responsables ou confirmer si les événements sont liés. Le gouvernement du Royaume-Uni a qualifié ces perturbations de canulars malveillants ciblant les grands centres de transit, y compris Londres Heathrow. Bien que les services de sécurité européens aient précédemment exprimé des inquiétudes concernant d'éventuelles opérations hybrides affectant les infrastructures occidentales, Moscou a nié toute implication dans les menaces aériennes, et les enquêtes officielles n'ont révélé aucune preuve reliant la Russie, l'Iran ou des groupes affiliés aux alertes.
Écrit par Thomas Nussbaumer thomas.nussbaumer@alpineweekly.com
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