
Pourquoi les habitants les plus âgés de la Sardaigne semblent vieillir plus sereinement que nous
Une étude de l'Université de Cagliari souligne la curiosité, la vie sociale et la résilience émotionnelle comme la véritable monnaie d'une longue vie dans la zone bleue de l'île.

L'espérance de vie augmente, s'établissant désormais à une moyenne mondiale de 73,5 ans. Cela semble rassurant jusqu'à ce que l'on se souvienne que vivre plus longtemps et bien vivre ne sont pas la même chose, une distinction que les sociétés modernes ne découvrent souvent que lorsque les coûts du vieillissement se présentent. Des chercheurs de l'Université de Cagliari se sont tournés vers la zone bleue de la Sardaigne pour comprendre pourquoi certaines personnes semblent maintenir leur corps et leur esprit en meilleure forme que la plupart.
Leur étude, publiée dans l'International Journal of Applied Positive Psychology, a comparé des personnes âgées de la zone bleue sarde à leurs pairs d'une zone rurale voisine. L'accent n'a pas été mis sur des remèdes miracles ou des restrictions à la mode, mais sur la vie quotidienne : les liens sociaux, la qualité de vie perçue, les performances cognitives et les habitudes qui remplissent la semaine. Le schéma qui en a émergé est moins mystique que ne le suggère l'étiquette de zone bleue, et peut-être plus utile.
Dans les six villages d'Ogliastra qui constituent la zone bleue sarde, les habitants âgés ne passent pas leurs journées à attendre poliment le déclin. Ils restent socialement et cognitivement engagés, conservent un rôle significatif dans leurs communautés et maintiennent un sens du but. Les chercheurs ont constaté des niveaux plus élevés de curiosité et une plus grande ouverture aux nouvelles idées, ainsi qu'une meilleure compréhension émotionnelle et la capacité de partager des sentiments. En d'autres termes, ils ne se contentent pas de subir la vieillesse ; ils continuent d'y participer.
Les chiffres sont révélateurs. Les habitants de la zone bleue consacraient en moyenne 11,3 heures par semaine à des activités de loisirs physiquement ou mentalement stimulantes, contre 6,8 heures dans les zones non bleues. Ils avaient également tendance à choisir des tâches qu'ils pouvaient encore bien accomplir, plutôt que de courir après une fantaisie héroïque de tout faire. Le jardinage, la marche et la participation à des rassemblements dans les centres communautaires figuraient parmi les activités importantes. La modestie, il s'avère, peut être une meilleure stratégie que les slogans d'auto-assistance.
La vie sociale semble également compter plus que les grandes théories. Les résidents âgés ont fait état de liens plus forts au sein de leurs communautés, d'une plus grande satisfaction vis-à-vis des relations familiales et non familiales, et de moyens plus efficaces de gérer les problèmes quotidiens. L'étude suggère que ces traits de personnalité adaptatifs et ces modes de vie actifs contribuent à préserver la santé mentale et physique à un âge avancé. Cela n'est guère surprenant, bien qu'il soit remarquable de voir à quel point le débat public considère souvent la connexion sociale comme un luxe plutôt que comme une condition fondamentale de l'épanouissement humain.
La zone bleue sarde a longtemps attiré l'attention en raison de sa concentration de personnes à longue durée de vie. Parmi ceux nés entre 1880 et 1900, la proportion de centenaires était environ cinq fois plus élevée que dans le reste de l'Europe et trois fois plus élevée que dans l'ensemble de la Sardaigne. Cette proportion a augmenté depuis que le terme de zone bleue a été inventé il y a près de 20 ans. Contrairement au schéma mondial, où les femmes sont plus nombreuses que les hommes parmi ceux qui atteignent 100 ans, l'équilibre dans cette partie de la Sardaigne est à peu près égal.
Les chercheurs ont vérifié l'âge de chaque personne de plus de 90 ans en recoupant les registres civils et religieux et en reconstituant les arbres généalogiques pour écarter les erreurs ou les confusions d'identité. Ce type de travail archivistique n'est peut-être pas glamour, mais il constitue un antidote utile à l'appétit moderne pour les mythes faciles. Si les aînés de Sardaigne ont un secret, ce n'est pas une astuce unique. C'est un mode de vie qui maintient les gens utiles, connectés et mentalement vifs aussi longtemps que possible.
Écrit par Martina Kirchner martina.kirchner@alpineweekly.com
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