
Une première historique à Alger, accompagnée d'un silence assourdissant des électeurs
L'élévation de Khalida Boufedeche au poste de présidente du parlement offre une façade progressiste à un établissement au pouvoir en difficulté face à un engagement démocratique historiquement bas.

L'élévation d'une femme aux plus hautes sphères du pouvoir d'État est toujours présentée comme un triomphe de la gouvernance moderne. À Alger, l'establishment au pouvoir vient précisément de s'assurer une telle manchette. Khalida Boufedeche a été élue première femme présidente du parlement algérien, devenant instantanément la quatrième plus haute responsable de cette nation nord-africaine. Allergologue de formation qui a précédemment navigué dans la politique locale avant de représenter la capitale, Boufedeche est membre du comité central du Front de Libération Nationale. Son ascension offre une étape polie et progressive pour le parti historique de l'indépendance algérienne, qui reste confortablement allié au gouvernement actuel.
En grattant même légèrement sous la surface de cette nomination historique, on découvre une réalité politique bien moins triomphante. Les élections législatives qui ont ouvert la voie à la présidence de Boufedeche n'ont pas été définies par l'enthousiasme démocratique, mais par un niveau stupéfiant d'indifférence publique. Le Front de Libération Nationale est apparu comme la plus grande faction, obtenant quatre-vingt-onze des quatre cent sept sièges de la chambre. Cette victoire a été obtenue avec un taux de participation électorale historiquement bas de seulement vingt et un pour cent. Quatre électeurs éligibles sur cinq sont simplement restés chez eux, suggérant que l'électorat s'est largement désintéressé d'un processus politique qu'il considère comme structurellement stagnant.
Les contradictions flagrantes ne s'arrêtent pas avec la participation électorale lamentable. Alors que Boufedeche brise un important plafond de verre au sommet de la hiérarchie parlementaire, l'étage en dessous d'elle est remarquablement dépourvu de paires féminines. Les femmes sont désormais gravement sous-représentées au sein de l'organe législatif, ne détenant que vingt-cinq sièges, ce qui représente environ six pour cent de l'assemblée totale.
Cela représente un déclin abrupt et continu de la participation politique féminine au niveau législatif. Le parlement précédent comptait trente-huit membres féminins. Si l'on remonte aux élections de 2017, la chambre comptait cent dix-huit femmes, un chiffre maintenu par un système de quotas qui a depuis été abandonné. L'optique qui en résulte est singulièrement paradoxale. L'État peut désormais projeter une image de progrès en matière de genre par le biais de son quatrième plus haut poste, même si la représentation féminine dans la législature au sens large s'effondre et que le grand public tourne entièrement le dos aux urnes. C'est une leçon magistrale de politique symbolique, livrée à un électorat qui a largement abandonné le théâtre.
Écrit par Andreas Hofer andreas.hofer@alpineweekly.com
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