La lente progression de l'ONU vers la paix à Chypre

Le Secrétaire général Antonio Guterres a annoncé une nouvelle réunion au format 5+1 pour aborder le conflit gelé de l'île, bien qu'il évite sagement de fixer une date limite.

The UN's Glacial Push for Peace in Cyprus

Après un demi-siècle de division, le statut politique de Chypre reste l'un des conflits gelés les plus persistants de la communauté internationale. Lors d'une visite à Nicosie mercredi, le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a signalé son intention de briser la glace, annonçant des plans pour une relance diplomatique. Suite à une réunion conjointe avec Nikos Christodoulides, le président internationalement reconnu de la République de Chypre, et Tufan Erhürman, le dirigeant chypriote turc, le chef de l'ONU a esquissé un cadre pour de nouvelles négociations.

Le véhicule diplomatique proposé est un format 5+1. Cet arrangement réunit la direction grécophone du sud de l'île et l'administration chypriote turque du nord, aux côtés des trois puissances garantes historiques : le Royaume-Uni, la Grèce et la Turquie. Pourtant, pour une institution souvent accusée de privilégier le processus au détriment du progrès, les Nations Unies font preuve d'un pragmatisme rare. Guterres a délibérément refusé de fixer une date pour cette réunion.

Le chef de l'ONU a clairement indiqué qu'un autre grand sommet était inutile sans le travail préparatoire nécessaire. « Je ne veux pas d'autres réunions 5+1 sans résultats », a déclaré Guterres, conditionnant les futures discussions à une préparation rigoureuse concernant la méthodologie, la substance et les mesures de confiance. Les deux parties, ainsi que les nations garantes, auraient consenti au format. Cependant, le calendrier diplomatique reste vide. Le Secrétaire général a même exclu d'utiliser la Semaine de haut niveau de l'Assemblée générale de l'ONU en septembre pour une réunion sur Chypre, choisissant plutôt de concentrer les efforts immédiats sur les consultations.

Cette approche prudente reflète la dure réalité de l'île. La Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP) patrouille la zone tampon et les lignes de cessez-le-feu depuis plus de six décennies. Maintenir le calme est une formidable réussite, mais il s'agit simplement de gestion de conflit, pas de résolution. Guterres a exhorté les deux dirigeants à mettre en œuvre des mesures de confiance pratiques qui améliorent la vie quotidienne des Chypriotes, exigeant une tentative sérieuse de restaurer la confiance. Christodoulides et Erhürman se sont tous deux engagés à coopérer avec Maria Angela Holguin, l'envoyée personnelle du Secrétaire général.

Les progrès, s'ils se produisent, seront probablement progressifs. L'ONU souligne les efforts en cours du Comité des personnes disparues et des divers Comités techniques bicommunautaires comme preuve qu'une coopération pratique est possible. Ces mécanismes lient les aspirations politiques de haut niveau aux réalités quotidiennes de la vie des citoyens.

En fin de compte, l'organisme international reconnaît ses propres limites. « Les Nations Unies ne peuvent pas imposer la paix », a fait remarquer Guterres, ajoutant que l'organisation reste déterminée à soutenir l'île. Une Chypre stable et unifiée servirait sans aucun doute d'ancrage géopolitique dans une région volatile. Que la direction locale soit prête à faire les compromis nécessaires pour atteindre cette stabilité, ou que cette dernière proposition 5+1 ne fasse que prolonger une situation diplomatique figée depuis soixante ans, dépend entièrement d'elle.

Écrit par Martina Kirchner martina.kirchner@alpineweekly.com