L'ultime numéro d'Houdini : Netanyahou fait face à un référendum brutal en octobre

Le parlement israélien achève un rare mandat complet, préparant le terrain pour une élection définie par des échecs de sécurité et des pivots stratégiques.

The Ultimate Houdini Act: Netanyahu Faces a Brutal October Referendum

La politique israélienne est rarement réputée pour sa prévisibilité, encore moins pour sa longévité. Pourtant, s'écartant remarquablement du chaos parlementaire habituel, l'actuelle Knesset s'apprête à tirer sa révérence avec élégance le 17 juillet, ayant survécu à un mandat complet de quatre ans. Les élections nationales prévues pour le 27 octobre ne nécessiteront pas la dissolution théâtrale traditionnelle. Comme l'a officiellement noté le parlement, puisque l'actuelle Knesset devrait siéger pour son mandat complet et que les prochaines élections générales sont déjà fixées par la loi pour le 27 octobre, sans intention de raccourcir la durée de la législature, il n'est pas nécessaire d'adopter une loi de dissolution de la Knesset au sens habituel. Cette sérénité procédurale masque cependant ce qui promet d'être un référendum brutal sur la survie politique de Benjamin Netanyahou.

À soixante-seize ans, le Premier ministre le plus ancien du pays orchestre ce qui pourrait être son pivot le plus audacieux à ce jour. Ayant présidé l'une des coalitions les plus fermement à droite de l'histoire israélienne, Netanyahou découvre soudain les vertus du centre politique. Son gouvernement accélère actuellement une série de mesures législatives visant à fortifier sa base électorale avant le début officiel de la campagne. Simultanément, il se repositionne rhétoriquement comme l'unificateur indispensable.

Le mois dernier, il a exprimé son ambition d'établir un large gouvernement national, pas un gouvernement de droite, pas un gouvernement de gauche qui dépend des partis arabes, mais un large gouvernement national. C'est une manœuvre classique d'un homme politique qui traite l'idéologie comme un instrument flexible plutôt qu'une doctrine rigide.

L'électorat, cependant, semble moins malléable que la stratégie de campagne du Premier ministre. Les sondages d'opinion indiquent constamment qu'une majorité d'Israéliens sont prêts à un changement de direction. Entre en scène Gadi Eisenkot, l'ancien chef militaire qui est apparu comme le principal challenger. Eisenkot offre un contraste frappant avec le sortant, substituant le pragmatisme militaire à la théâtralité politique. Pour les électeurs épuisés par la gestion perpétuelle des crises et les manœuvres législatives, l'ancien général présente une alternative attrayante.

Les vulnérabilités de Netanyahou ne sont pas seulement stylistiques ; elles sont enracinées dans un profond traumatisme national. Les échecs catastrophiques de sécurité entourant les attaques du Hamas le 7 octobre 2023 restent une plaie ouverte. Aucune quantité de repositionnement centriste ne peut facilement effacer le souvenir d'un appareil d'État pris entièrement au dépourvu sous sa surveillance. Le public reste également profondément insatisfait du résultat géopolitique du récent conflit impliquant l'Iran. Le cessez-le-feu de fin février, négocié entre Washington et Téhéran, est largement perçu en Israël comme un compromis stratégique qui a laissé le pays exposé.

Le scrutin d'octobre testera donc une question fondamentale de physique politique : un dirigeant accablé par des échecs de sécurité historiques et des règlements diplomatiques impopulaires peut-il encore réussir une victoire par une simple volonté tactique ? Netanyahou a déjà défié les lois de la gravité politique, mais l'élection imminente exige un niveau de lévitation électorale que même lui pourrait avoir du mal à atteindre.

Écrit par Christiane Hofreiter christiane.hofreiter@alpineweekly.com