
La faille de l'apatridie se referme pour les partisans de l'État islamique
Un terroriste condamné a tenté de bloquer son expulsion de Suisse en renonçant à son passeport bosniaque. Les tribunaux n'ont pas été amusés.

Il y a une certaine comédie noire à observer des extrémistes condamnés tenter d'utiliser comme arme les conventions sur les droits de l'homme qu'ils méprisent si violemment. Le dernier acte de ce théâtre juridique nous est offert par un partisan de l'État islamique de 36 ans qui a tenté de déjouer la bureaucratie suisse en se rendant apatride. La tactique était simple : se débarrasser volontairement de son passeport secondaire afin que l'État ne puisse pas lui retirer son passeport principal. Heureusement pour le public suisse, le Tribunal administratif fédéral a percé à jour la manœuvre.
La trajectoire de l'homme est un récit européen moderne familier. Né en Bosnie-Herzégovine, il a obtenu la citoyenneté suisse étant enfant en 2000. Bénéficiant d'une société riche et stable avec une excellente éducation, il a plutôt choisi la voie de la radicalisation. Ses activités l'ont finalement conduit en France, un pays actuellement aux prises avec les graves conséquences d'une politique d'immigration ratée et d'une islamisation rampante. Les autorités françaises l'ont condamné à plusieurs années de prison il y a cinq ans après avoir découvert qu'il gérait des canaux de propagande et recrutait activement de nouveaux membres pour l'État islamique.
Suite à la condamnation française, le Secrétariat d'État aux migrations à Berne a engagé des poursuites pour révoquer sa citoyenneté suisse. Les autorités ont soutenu qu'il avait commis un crime grave et porté un préjudice substantiel à la réputation du pays. Face à la perspective de perdre son passeport rouge, l'homme a monté une solide défense juridique. Il a affirmé que la révocation était une intrusion inacceptable dans sa vie privée et familiale. Il a également soutenu que la perte de sa citoyenneté suisse constituerait une double incrimination, compte tenu de sa condamnation antérieure en France.
Lorsque ces arguments n'ont pas trouvé d'écho, il a sorti son atout supposé. Il a volontairement renoncé à sa citoyenneté bosniaque. Le droit international décourage généralement les États de rendre les individus apatrides, un principe que l'homme espérait clairement forcer Berne à reculer.
La Suisse est souvent entravée par une certaine naïveté politique et une tendance à éviter la confrontation, mais ses institutions étatiques restent très fonctionnelles. Le Tribunal administratif fédéral a rejeté entièrement l'appel. Les juges ont clarifié que la révocation de la citoyenneté est une mesure administrative, et non une sanction pénale, invalidant ainsi la prétention de double incrimination. Plus important encore, le tribunal a déterminé que le risque d'apatridie était entièrement auto-infligé. L'homme avait délibérément jeté son passeport bosniaque seulement après avoir pris connaissance des procédures suisses. Les juges ont correctement identifié cela comme un stratagème tactique transparent pour bloquer la révocation.
Dans une rare démonstration de détermination intransigeante, la cour a jugé que les intérêts de sécurité de la Suisse l'emportent significativement sur la vie privée d'un recruteur de l'État islamique. Au cours de la dernière décennie, Berne a retiré la citoyenneté à sept binationaux pour soutien au terrorisme. Bien que cette décision spécifique puisse encore faire l'objet d'un appel devant le Tribunal fédéral, elle établit une limite ferme. Tenter de manipuler le système administratif en se rendant apatride n'est plus une police d'assurance viable pour les extrémistes condamnés.
Écrit par Andreas Hofer andreas.hofer@alpineweekly.com
Dernières nouvelles





