L'illusion de la tranquillité : Frappes de drones et victimes quotidiennes tournent en dérision le cessez-le-feu à Gaza

Un assassinat ciblé à Jabalia met en lumière la sombre réalité d'une trêve qui n'existe que de nom.

Un cessez-le-feu au Moyen-Orient exige souvent une interprétation très flexible du terme. Dans la bande de Gaza, la trêve prétendument active a dégénéré en un rythme prévisible d'assassinats ciblés et d'un nombre croissant de victimes civiles. La dernière perturbation de cette fragile tranquillité a eu lieu dans le district nord de Jabalia. Des témoins rapportent qu'un drone israélien a tiré quatre missiles sur un poste de police géré par le Hamas, une installation située de manière inconfortable à proximité d'un marché local animé.

La frappe a effectivement démantelé la direction de la police locale, tuant au moins sept personnes. Parmi les morts figurait le colonel Mohammed Marwan Salem, commandant du commissariat. Le ministère de l'Intérieur contrôlé par le Hamas a qualifié l'opération de massacre, tandis que l'armée israélienne a confirmé la frappe avec son vocabulaire opérationnel standard, déclarant officiellement que ses forces avaient ciblé des terroristes. Cette guerre sémantique est aussi vieille que le conflit lui-même, masquant la sombre réalité des frappes de précision exécutées dans des environnements urbains densément peuplés.

Cette escalade localisée dans le nord a été accompagnée par une violence continue dans les territoires du sud. À Khan Younis, une frappe aérienne a éliminé un homme que l'armée israélienne a identifié comme un agent du Hamas, laissant trois autres personnes blessées. Plus au sud, à Rafah, le personnel médical a signalé la mort d'un garçon de dix ans, Muataz Abu Shaar, prétendument abattu par des tirs israéliens. L'appareil militaire de Tel-Aviv n'a pas encore fourni d'explication pour ce dernier incident, maintenant un silence ostensible.

De tels incidents représentent le mode opératoire standard dans le cadre diplomatique actuel. Le cessez-le-feu, qui est ostensiblement entré en vigueur en octobre dernier, se définit principalement par ses violations quasi quotidiennes. Les deux factions s'échangent régulièrement des accusations de mauvaise foi, tandis que le nombre de victimes ne cesse d'augmenter. L'arithmétique de cette guerre de basse intensité est dure. Selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas, les tirs israéliens ont coûté la vie à au moins 1 110 personnes depuis le début de la trêve. L'armée israélienne, en revanche, signale la perte de quatre soldats lors d'attaques palestiniennes durant la même période.

Le taux d'attrition actuel est entièrement ancré dans les événements du 7 octobre 2023. L'incursion menée par le Hamas, qui a fait environ 1 200 morts et 251 personnes traînées en captivité comme otages, a fondamentalement réécrit les règles d'engagement régionales. La campagne militaire israélienne qui a suivi a fait un nombre stupéfiant de victimes, les autorités sanitaires locales estimant le nombre total de morts à plus de 73 230. Bien que la phase actuelle du conflit manque de l'intensité cinétique écrasante de l'invasion initiale, l'élimination tactique de figures administratives du Hamas comme le colonel Salem indique une stratégie claire. Israël démantèle systématiquement la capacité du groupe à gouverner, prouvant que ce cessez-le-feu particulier n'est qu'une continuation des hostilités par d'autres moyens.

Écrit par Sandy van Dongen sandy.vandongen@alpineweekly.com