Le paradoxe du fort taux de participation à Jérusalem

Benjamin Netanyahu déjoue une fois de plus les sondages, mais aucun bloc ne peut rassembler une majorité à la Knesset

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The High Turnout Paradox in Jerusalem

Une forte participation électorale est souvent saluée comme le moteur de la démocratie, mais en Israël, elle semble surtout garantir un plus grand volume d'indécision. Avec un taux de participation atteignant 74,3 % à vingt heures – un bond notable par rapport aux 66,3 % enregistrés à la même heure en 2022 – plus de sept millions d'électeurs éligibles ont produit un résultat trop familier : l'impasse. Les premiers sondages de sortie des urnes indiquent que, bien que le parti Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahu ait dépassé les attentes pré-électorales, le parlement reste strictement divisé, ne laissant aucune faction politique majeure avec une voie claire vers le pouvoir.

Selon les projections des principales chaînes de télévision Kan 11, Channel 12 et Channel 13, le Likoud est positionné comme le parti le plus fort, obtenant entre 24 et 25 sièges à la Knesset qui compte 120 mandats. Cela place Netanyahu devant son principal challenger, l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot, dont le parti Yashar est projeté entre 21 et 23 sièges. Une prévision distincte par i24NEWS dresse un tableau encore plus favorable au sortant, plaçant le Likoud à 27 sièges contre 20 pour Yashar. Pourtant, malgré des chiffres de sondage surpassés, le bloc religieux de droite de Netanyahu n'atteint que 50 à 55 sièges – bien en deçà des 61 requis pour une majorité fonctionnelle.

L'opposition ne s'en sort pas mieux. Selon la chaîne, le bloc d'Eisenkot détient entre 49 et 53 sièges, laissant les deux camps dans une impasse parlementaire. En théorie, la clé pour briser cette impasse repose sur les partis arabes – la Liste unie et le parti islamiste Ra'am – qui détiennent ensemble entre 16 et 18 sièges projetés. En pratique, cependant, cette arithmétique reste largement symbolique, car les figures de proue de l'opposition ont explicitement exclu de former une coalition gouvernementale avec eux.

Il reste la machinerie procédurale standard pour résoudre la paralysie politique. Alors que le décompte des bulletins se poursuit, les résultats officiels finaux sont prévus pour publication le 4 novembre. Par la suite, le président Isaac Herzog mènera des pourparlers avec les factions politiques pour décider qui recevra le mandat de tenter de former un gouvernement. La véritable épreuve à venir est de savoir si un leader pourra forger une majorité stable à partir de ces chiffres fragmentés.

Écrit par Thomas Nussbaumer thomas.nussbaumer@alpineweekly.com