L'héritier hésitant : Théâtre tactique dans la succession suisse

Alors que l'UDC cherche le successeur de Guy Parmelin, l'hésitation politique et les conseils non sollicités des rivaux exposent les particularités de la gouvernance consensuelle.

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The Hesitant Heir: Tactical Theater in the Swiss Succession

Le rituel de pourvoir un siège au sein du gouvernement fédéral suisse ressemble à un exercice de modestie collective soigneusement chorégraphié, ponctué de quelques éclats de vanité tactique. Alors que l'Union Démocratique du Centre (UDC) se prépare à choisir son candidat pour remplacer le conseiller fédéral sortant Guy Parmelin, le processus a produit une foule de huit aspirants et un degré notable d'hésitation publique.

Considérez la posture curieuse de Thomas Aeschi. Le chef du groupe parlementaire de Zoug a obtenu la nomination de son parti local, mais refuse de confirmer s'il a réellement l'intention de se présenter. En politique exécutive, l'indécision est rarement confondue avec la prudence. La coprésidente du PLR, Susanne Vincenz-Stauffacher, a rapidement qualifié cette hésitation persistante de bizarre, notant que prendre son temps pendant que d'autres respectent des délais stricts n'est guère un aval convaincant du leadership. Son jugement est empreint d'un cynisme poli, tempéré par le fait qu'Aeschi a déjà subi une défaite lors de sa précédente tentative de cabinet.

Le spectacle public ne s'arrête pas aux engagements retardés. Les souvenirs récents d'une altercation physique mineure impliquant du personnel de sécurité au Palais fédéral pèsent toujours sur Aeschi et le représentant valaisan Michael Graber. Graber n'a pas non plus gagné de points auprès de l'opposition lorsqu'il a évoqué le déploiement de l'armée si des émeutes urbaines violentes, semblables à celles de Paris, devaient atteindre les villes suisses. Une telle rhétorique pourrait ravir les bastions locaux du parti, mais elle perturbe les sensibilités délicates de Berne.

Au lieu d'un drame idéologique, les rivaux politiques exigent un ordre géographique. Vincenz-Stauffacher insiste sur le fait que tout ticket final présenté à l'Assemblée fédérale doit inclure une représentation de la Suisse romande ou italienne. Le terrain offre des options : la conseillère nationale genevoise Céline Amaudruz—la seule candidate féminine—aux côtés du sénateur tessinois Marco Chiesa et du conseiller exécutif bernois Pierre Alain Schnegg. Que le parti présente un ticket de deux ou trois personnes avant l'élection du 9 décembre, le calcul sous-jacent reste identique.

Le système étatique enviable de la Suisse fonctionne sur l'hypothèse silencieuse que même les partisans les plus fervents finiront par se soumettre aux nécessités ennuyeuses d'une gouvernance collégiale. Riche, prospère et perpétuellement confortable, la nation peut facilement se permettre le théâtre des postures politiques. Pourtant, une question plane au-dessus des hémicycles législatifs : ce vaste éventail est-il le signe d'une démocratie interne robuste, ou simplement la preuve d'un parti qui peine à maîtriser sa propre succession?

Écrit par Sandy van Dongen sandy.vandongen@alpineweekly.com