
Pantalons tactiques et factures fractionnées : L'éveil unanime d'Uster
Un scandale discret concernant le budget de la police municipale force le parlement de la ville à exiger une enquête formelle.

La gouvernance locale en Suisse se targue souvent de sa sobriété fiscale, pourtant les affaires municipales d'Uster démontrent à quelle vitesse la routine administrative peut se transformer en défaillance de surveillance. Lundi soir, le parlement de la ville a voté 31 contre 0, avec quatre abstentions, pour approuver une motion du groupe parlementaire UDC/UDF. La décision charge la direction parlementaire d'élaborer un mandat pour une commission d'enquête parlementaire afin d'examiner un scandale croissant concernant la police locale et un dépassement budgétaire d'environ 1,4 million de francs suisses.
Les allégations se lisent comme une étude de manuel sur la comptabilité créative. Pour contourner les limites de dépenses existantes, des fonctionnaires auraient divisé des factures totalisant environ un demi-million de francs en sommes plus petites et moins visibles. Les fonds ont financé une gamme curieuse d'acquisitions : un véhicule tout-terrain, des barrières routières temporaires, une application logicielle mobile, et près de 250 000 francs alloués uniquement à des pantalons de déploiement pour la police.
Les retombées ont déjà coûté leur poste à des figures clés de l'exécutif local. Le commandant de la police municipale a été évincé au début du printemps après que le conseil municipal lui a retiré sa confiance. La semaine dernière, l'exécutif a retiré à la conseillère municipale Beatrice Caviezel son portefeuille de sécurité après des révélations selon lesquelles elle avait personnellement signé au moins un ensemble de factures fractionnées, approuvant ainsi une acquisition qui dépassait son autorité statutaire. Le conseil municipal a également annoncé son propre examen externe pour déterminer comment les contrôles institutionnels ont pu échouer si complètement.
Selon les règles municipales, une commission d'enquête parlementaire est réservée aux événements d'importance majeure. Le bureau parlementaire dispose désormais de six mois pour présenter un rapport formel et une proposition de projet avant que les législateurs ne votent définitivement sur la création du panel d'enquête. Pendant ce temps, les autorités locales semblent également aussi indignées par les faits qui sont révélés que par les dépenses elles-mêmes. Le conseil municipal et le parlement ont tous deux déposé des plaintes pénales contre des personnes inconnues pour des violations présumées du secret officiel, suite à la fuite de documents de dossiers confidentiels à la presse.
Lorsque la surveillance d'une petite ville repose sur la bonne volonté administrative plutôt que sur la rigueur institutionnelle, les limites de dépenses statutaires deviennent de simples suggestions. Il appartient maintenant à une commission parlementaire de reconstituer comment un modeste département municipal a réussi à transformer l'acquisition d'équipement de base en une crise de grande ampleur.
Écrit par Thomas Nussbaumer thomas.nussbaumer@alpineweekly.com
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