Pouvoir, Personnalité et la Politique Discrète de Berne

La dernière enquête Sotomo montre que les électeurs suisses préfèrent une présence modeste à des réformes audacieuses à l'approche des changements au sein du Conseil fédéral.

Power, Personality, and the Quiet Politics of Bern

Dans un pays qui se targue de sa stabilité institutionnelle et de ses personnalités publiques modestes, le dernier concours de popularité à Berne n'offre que peu de véritables surprises, bien qu'il donne un aperçu révélateur de la psyché collective de l'électorat. La dernière enquête de l'institut Sotomo pour la SRG SSR, recueillant les avis de 25 092 électeurs, révèle un public qui continue d'assimiler la solidité financière au pouvoir tout en préférant des personnalités confortables et sans prétention au sommet de leur affection politique.

La ministre des Finances, Karin Keller-Sutter, reste la figure incontournable du Conseil fédéral. Près des deux tiers des personnes interrogées l'identifient comme le membre le plus influent du gouvernement. Même après avoir perdu 13 points de pourcentage par rapport à l'année précédente, son autorité reste incontestée, renforcée par le récent soutien du Conseil des États à ses propositions d'exigences de capital pour l'UBS. Les électeurs ne la trouvent peut-être pas universellement chaleureuse, bien que son score de sympathie soit monté à la troisième place, mais ils reconnaissent clairement où résident les véritables leviers du pouvoir exécutif.

Le véritable gagnant du concours de popularité est cependant le ministre de l'Économie, Guy Parmelin. Laissant de côté son départ annoncé fin 2026, plus de 60 % des personnes interrogées ont jugé le politicien de l'UDC sympathique, le propulsant pour la première fois à la première place. Parmelin a également enregistré une augmentation de 25 points de pourcentage de son influence perçue, une hausse probablement liée à son comportement terre-à-terre et à son exposition accrue en tant que Président de la Confédération. Derrière lui dans le classement de la sympathie se trouve le ministre de la Défense, Martin Pfister, qui parvient à conserver la deuxième place en popularité bien que la plupart des électeurs lui accordent peu d'influence réelle.

Inversement, l'exposition politique ne se traduit pas toujours par l'affection du public. Le ministre de la Justice, Beat Jans, est passé de la deuxième à la quatrième place en termes de sympathie, alourdi par les récents débats sur la politique d'asile. Le ministre de l'Environnement, Albert Rösti, occupe la deuxième place en termes d'influence après un été dominé par les préoccupations énergétiques, mais ses cotes de sympathie ont glissé en territoire neutre. Pendant ce temps, le ministre des Affaires étrangères, Ignazio Cassis, reste ancré au bas du tableau de popularité, souffrant du scepticisme public entourant les relations étrangères suisses, et la ministre de l'Intérieur, Elisabeth Baume-Schneider, continue d'être perçue comme ayant la moindre influence au sein du cabinet.

Ce qui en ressort est le portrait d'un électorat qui considère ses institutions dirigeantes avec une satisfaction mesurée, voire modeste. Le Conseil fédéral bénéficie d'une grande confiance de la part de 54 % de la population, derrière le Conseil des États à 58 %, tandis que le Conseil national est à la traîne à 49 %. Avec une élection parlementaire pour choisir un membre de remplacement du cabinet prévue pour décembre, les citoyens suisses semblent satisfaits d'un exécutif qui gère l'argent de manière décisive et maintient un ton tout à fait ordinaire.

Écrit par Thomas Nussbaumer thomas.nussbaumer@alpineweekly.com