Londres s'apprête à fixer une limite au commerce des colonies israéliennes

Face à la pression croissante des députés d'arrière-ban et au soutien du public, le gouvernement d'Andy Burnham s'apprête à transformer les avertissements diplomatiques de longue date en sanctions commerciales.

London Prepares to Draw the Line on Israeli Settlement Trade

Pendant des années, la politique étrangère britannique concernant les colonies israéliennes en Cisjordanie a principalement consisté en une désapprobation bien orchestrée. Aujourd'hui, le Premier ministre Andy Burnham semble prêt à traduire ces décennies de réprobation diplomatique en une politique commerciale concrète. Poussé par la dernière poussée de construction d'Israël dans la zone sensible E1, le gouvernement britannique élabore des restrictions pour interdire les marchandises provenant des colonies illégales.

Le catalyseur de ce changement est assez simple. La publication par Israël d'appels d'offres pour plus de 1 200 unités de peuplement entre Jérusalem-Est et Ma'ale Adumim rompt effectivement la continuité géographique nécessaire à un État palestinien viable. Whitehall a longtemps désigné le corridor E1 comme une ligne rouge infranchissable. Face à un défi direct de cette frontière, le secrétaire aux Affaires étrangères Ed Miliband a convoqué le chargé d'affaires israélien, décrivant l'expansion dans une déclaration officielle comme un acte inacceptable et destructeur tout en esquissant des sanctions imminentes.

D'un point de vue purement interne, la manœuvre de Burnham est une gestion habile de son propre parti. Le sentiment public a évolué, un sondage YouGov indiquant que la moitié des Britanniques soutiennent une interdiction commerciale des colonies illégales, contre seulement 16 % qui s'y opposent. Au sein du Parlement, plus de 140 législateurs travaillistes – dont des personnalités comme Richard Burgon et la présidente de la commission spéciale du développement international, Sarah Champion – ont fait pression pour une fin immédiate des liens commerciaux avec les territoires occupés, reflétant des inquiétudes croissantes concernant la réaction des électeurs.

Pourtant, les mécanismes d'isolement commercial restent controversés. Les opposants à l'interdiction, tels que Labour Friends of Israel, insistent sur le fait que séparer les produits des colons du marché israélien plus large est techniquement impossible et économiquement imprudent, avertissant de dommages collatéraux à la fois pour les travailleurs palestiniens et pour l'économie israélienne en général. Des groupes de défense des droits comme Human Rights Watch rejettent ces préoccupations comme de la diversion politique, arguant que les entreprises n'ont qu'à cesser d'opérer en territoire occupé pour conserver leur accès au marché.

La question de savoir si ces mesures commerciales modifieront les calculs à Jérusalem est tout autre. Avec Israël allouant plus de 800 millions de dollars aux développements en Cisjordanie l'année dernière et les ministres nationalistes s'engageant à doubler la population des colons, la signalisation économique de Londres pourrait avoir un poids limité. L'interdiction des produits des colonies permet à Burnham de satisfaire ses députés d'arrière-ban agités et de s'aligner sur les avis juridiques internationaux, mais transformer les sanctions ciblées en un véritable levier reste un formidable défi.

Écrit par Sandy van Dongen

sandy.vandongen@alpineweekly.com