
Subventions pour l'internet à haut débit dans la périphérie alpine
Berne prévoit d'allouer 730 millions de francs au haut débit rural afin qu'aucun chalet de montagne ne soit laissé pour compte.

Lorsque le marché libre atteint ses limites naturelles au pied d'un versant alpin, l'État suisse sort invariablement son chéquier. Le Conseil fédéral a maintenant soumis sa loi sur la promotion du haut débit au parlement, proposant de dépenser jusqu'à 730 millions de francs suisses pour garantir que même les ménages ruraux les plus reculés bénéficient de vitesses internet gigabit.
Cette politique découle d'une véritable échéance structurelle. Swisscom prévoit de supprimer progressivement son réseau de cuivre traditionnel à partir des années 2030. Sans intervention de l'État, on estime que dix pour cent des ménages et entreprises suisses risquent d'être laissés dans une zone morte numérique, car l'installation de la fibre optique dans des vallées peu peuplées n'offre aucun retour commercial pour les fournisseurs privés. Aujourd'hui, environ 24 % des bâtiments en Suisse manquent de connexions capables d'un gigabit par seconde. En termes de couverture fibre jusqu'au domicile, la Suisse a enregistré 50 % en 2024, à la traîne par rapport à la moyenne de l'Union européenne de 69 %.
Pour combler ce fossé commercial, Berne propose une facture partagée. Le gouvernement fédéral fournira jusqu'à 365 millions de francs entre 2030 et 2037, financés par les revenus anticipés des enchères de spectre mobile gérées par la Commission fédérale de la communication. La moitié restante devra être couverte par les cantons et les municipalités participants, qui peuvent demander des subventions pour compenser le déficit de viabilité économique des projets d'expansion locaux.
Le ministre des Communications, Albert Rösti, a présenté l'initiative comme une question de cohésion nationale, arguant que les connexions à haut débit permettent aux résidents ruraux de travailler à domicile et de réduire les pressions liées aux déplacements. Pourtant, le paquet législatif porte le poids familier de la surveillance étatique. Berne prévoit de réglementer les prix d'accès tiers sur les réseaux subventionnés et d'imposer des plafonds stricts aux dépenses par connexion. Si le raccordement d'une ferme isolée s'avère trop coûteux, les opérateurs devront passer à des technologies sans fil moins chères à moins que la municipalité locale n'accepte de financer la différence.
La question de savoir si les citadins contribuables devraient subventionner la connectivité haut débit pour chaque grange isolée reste pertinente. Cependant, dans une nation riche habituée à une infrastructure publique impeccable, laisser dix pour cent de la population tomber du réseau numérique n'a jamais été politiquement acceptable.
Écrit par Christiane Hofreiter christiane.hofreiter@alpineweekly.com
Dernières nouvelles





