La dernière issue de Gaza avant l'effondrement total

Une rare ouverture diplomatique se heurte aux dures réalités politiques à Jérusalem et à Gaza.

Gaza’s Last Exit Before Total Collapse

La diplomatie au Moyen-Orient ressemble souvent à un théâtre où tous les acteurs connaissent leurs répliques, mais personne n'a l'intention de suivre le script. Le dernier acte présente un rebondissement improbable : le Hamas accepte un plan de paix en 15 points parrainé par les États-Unis, qui exige qu'il renonce à la gouvernance et se désarme. Pourtant, au moment même où Washington présente une échappatoire viable, le calcul politique à Jérusalem menace de la bloquer entièrement.

S'adressant au Conseil de sécurité des Nations Unies, Nickolay Mladenov, Haut Représentant pour Gaza au sein du Conseil de paix des États-Unis, a lancé un avertissement sévère. Il a déclaré que il n'y aura pas de feuille de route à laquelle revenir, il n'y aura pas d'administration à déployer et il ne restera rien à reconstruire sur le terrain si les efforts actuels échouent. Selon la proposition acceptée par le Hamas le 30 juillet, le groupe a accepté de transférer l'autorité civile et sécuritaire au Comité national pour l'administration de Gaza, un organisme composé de technocrates palestiniens indépendants. La supervision du désarmement incomberait à une Force internationale de stabilisation dirigée par le général de division américain Jasper Jeffers.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a cependant rejeté cet arrangement, insistant sur le fait que les forces israéliennes ne se retireraient pas avant que le Hamas ne se désarme complètement au préalable. Mladenov a noté que le Hamas s'était engagé à cesser toutes ses activités militaires, mais a reconnu que cet engagement n'était pas encore pleinement respecté. Il a observé que la construction continue de tunnels, le stockage d'armes et les obstructions de convois donnent des arguments à ceux qui préfèrent une reprise de la guerre.

Les enjeux humains et géopolitiques pourraient difficilement être plus élevés. Plus de 73 422 Palestiniens ont perdu la vie depuis le début du conflit, suite aux attaques du 7 octobre 2023, au cours desquelles des groupes palestiniens ont tué environ 1 200 personnes dans le sud d'Israël et pris 240 otages. Même après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu en octobre, les frictions violentes ont persisté, coûtant la vie à 1 288 Palestiniens supplémentaires. Pendant ce temps, l'ambassadeur palestinien auprès de l'ONU, Riyad Mansour, a souligné de nouveaux appels d'offres pour le projet de colonisation E1 en Cisjordanie occupée comme preuve que les actions israéliennes sapent l'initiative de paix.

Lorsque des concessions formelles sont accueillies par un rejet immédiat, il faut se demander si les dirigeants impliqués recherchent véritablement la stabilité ou se contentent de gérer le conflit. Si ce cadre s'effondre, il n'y a pas de plan B en attente. Ce qui reste par la suite n'est pas une pause tactique, mais un point de non-retour inéluctable.

Écrit par Thorben Thiede thorben.thiede@alpineweekly.com