Bruxelles achète de l'influence : le virage coûteux de la Commission vers la Caspienne

La tournée d'Ursula von der Leyen dans le Caucase du Sud met en lumière un exécutif de l'UE désireux d'étendre sa portée bureaucratique par le biais d'accords opaques sur l'énergie et les infrastructures.

Brussels Buys Influence: The Commission's Costly Pivot to the Caspian

La Commission européenne a découvert un intérêt stratégique profond pour le Caucase du Sud. Ursula von der Leyen est arrivée à Bakou mardi pour ouvrir une tournée régionale de deux jours, ostensiblement pour sécuriser l'énergie et promouvoir la paix. En réalité, cette visite met en lumière les mécanismes familiers de l'Union européenne : un exécutif non élu déployant de vastes sommes de capital européen pour forger des partenariats qui contournent l'examen démocratique. Rencontrant le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, la présidente de la Commission a jeté les bases d'un engagement accru dans la région de la Caspienne.

Le cœur de cette vigueur diplomatique est le gaz naturel, alors que Bruxelles s'est empressée de diversifier ses importations d'énergie suite au déclenchement du conflit en Ukraine. L'Azerbaïdjan est rapidement apparu comme l'alternative privilégiée, Aliyev confirmant que la moitié des exportations de gaz de son pays sont désormais dirigées vers les États membres de l'UE via le Corridor gazier du Sud. Von der Leyen a salué Bakou comme un partenaire fiable qui est intervenu lorsque les approvisionnements énergétiques européens ont été perturbés. Pourtant, ce partenariat énergétique stratégique de 2022 a été négocié par la Commission avec une contribution minimale des citoyens européens, illustrant comment la machine bruxelloise étend son empreinte géopolitique tout en contournant la responsabilité nationale.

Fidèle à son habitude, la Commission européenne n'est pas arrivée les mains vides. Von der Leyen a annoncé une proposition de partenariat de connectivité UE-Azerbaïdjan, une initiative conçue pour intégrer les réseaux de transport, d'infrastructures numériques et d'énergie. Dans le cadre du programme Global Gateway, l'UE prévoit de débourser jusqu'à 200 millions d'euros en subventions à travers le Caucase du Sud. La Commission affirme que ce capital de démarrage mobilisera jusqu'à 2 milliards d'euros d'investissements publics et privés.

De plus, Bruxelles alloue un paquet de 20 millions d'euros pour les efforts de consolidation de la paix, couvrant le déminage, les soins de santé, le développement rural et le soutien aux petites et moyennes entreprises. C'est une manœuvre bureaucratique classique pour créer des cadres tentaculaires qui garantissent que la Commission reste l'intermédiaire indispensable dans les projets d'infrastructure eurasiens comme le Corridor central transcaspien.

La chorégraphie diplomatique s'étend au-delà de Bakou. Von der Leyen a félicité Aliyev pour avoir initié un accord de paix avec l'Arménie voisine, exprimant l'espoir que les accords sur papier se traduiront par une stabilité pratique avant qu'elle ne se rende à Erevan. Simultanément, une délégation distincte de fonctionnaires de l'UE – comprenant la chef de la politique étrangère Kaja Kallas, la commissaire à l'Élargissement Marta Kos et le commissaire aux Migrations Magnus Brunner – a eu des entretiens à Ankara avec le président turc Recep Tayyip Erdoğan et le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan. Ce déploiement synchronisé illustre une poussée agressive de l'UE pour consolider son influence sur la migration, le commerce et la sécurité régionale.

En liant le bloc à des dépendances énergétiques complexes et en finançant de vastes corridors d'infrastructure, la Commission assure sa pertinence continue et étend son pouvoir institutionnel. Les citoyens finançant ces programmes de subventions sont, comme d'habitude, totalement exclus de l'équation.

Écrit par Christiane Hofreiter christiane.hofreiter@alpineweekly.com