
Le Choix Calculé de Berne
Le Parti populaire suisse prépare sa liste pour le successeur de Guy Parmelin, transformant l'arithmétique interne du parti en un levier tactique.

La machinerie du consensus politique suisse reprend vie comme prévu.
Alors que le Conseiller fédéral Guy Parmelin s'apprête à quitter son siège le 9 décembre, le Parti populaire suisse (UDC) prépare son rituel préféré : présenter à l'Assemblée fédérale une illusion de choix soigneusement orchestrée.
Thomas Aeschi, chef du groupe parlementaire du parti, a clairement indiqué cette semaine que l'UDC ne reviendrait pas à la triste tradition du milieu du siècle des candidatures uniques. Au lieu de cela, le parti prévoit de proposer au moins deux noms – et peut-être davantage – lorsque son groupe parlementaire se réunira le 20 novembre pour finaliser la liste. Les candidatures multiples sont une pratique courante pour le parti depuis 1979, date à laquelle il avait proposé un choix entre Leon Schlumpf et Werner Martignoni. Offrir des options au Parlement préserve l'apparence d'un drame démocratique, même si la direction du parti garde un contrôle étroit sur les limites de cette sélection.
L'élaboration de la liste reste un exercice délicat d'arithmétique régionale, linguistique et démographique. Aeschi a reconnu que des facteurs tels que le genre, la représentation régionale et la force exécutive joueraient un rôle, en plus de l'exigence quelque peu floue de l'attrait personnel. Pourtant, le champ des candidats potentiels a déjà commencé à évoluer. La conseillère aux États de Saint-Gall, Esther Friedli, longtemps considérée comme une favorite redoutable de la Suisse alémanique, s'est explicitement retirée de la course, choisissant de conserver sa position influente au Conseil des États. Pendant ce temps, des personnalités comme la Conseillère nationale genevoise Céline Amaudruz restent fermement dans la conversation en coulisses.
Sous la chorégraphie se cache un objectif politique clair. Alors que le parti insiste sur le fait que ses candidats pourraient gérer n'importe quel portefeuille ministériel, il a discrètement orienté son attention vers le Département fédéral de justice et police ou le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports. La cible est évidente : l'appareil d'asile actuel supervisé par le social-démocrate Beat Jans. L'UDC ne cache pas son insatisfaction quant à la gestion actuelle des migrations, calculant qu'un futur magistrat UDC pourrait imposer un virage beaucoup plus strict et pragmatique dans l'application du droit d'asile suisse.
Que le Parlement accepte le candidat préféré du parti dépendra de l'habileté avec laquelle la liste sera conçue. Dans l'écosystème politique confortable de Berne, les pivots idéologiques sont rarement obtenus par des ruptures abruptes, mais plutôt par le placement précis d'administrateurs de parti fiables.
Écrit par Martina Kirchner



