Sécheresse et Subventions : Bâle-Campagne offre un atterrissage en douceur aux agriculteurs

Alors que le temps sec endommage les cultures et pèse sur la trésorerie des exploitations agricoles, le gouvernement cantonal recourt aux prêts publics, ravivant le débat sur le privilège agricole.

Drought and Subsidies: Baselland Offers Farmers a Soft Landing

Chaque fois que le temps se gâte, l'État suisse est prêt à ouvrir ses poches. En cette fin d'été, c'est au tour de Bâle-Campagne de faire preuve d'une telle bienveillance. Le gouvernement cantonal a demandé au parlement une ligne de crédit d'urgence de deux millions de francs pour aider les exploitations agricoles locales touchées par une grave sécheresse. Selon la proposition, les exploitations individuelles confrontées à des problèmes de liquidités peuvent demander des prêts sans intérêt compris entre 10 000 et 50 000 francs, remboursables sur un horizon confortable de dix ans.

Les faits sous-jacents à cette demande sont indéniablement accablants. La chaleur persistante a gravement affecté les sols calcaires poreux du Jura suisse du nord-ouest. Les rendements de maïs dans le canton ont chuté de 25 à 40 pour cent par rapport aux années normales. Les sources alimentant les cultures de fruits, de pommes de terre et de baies se sont asséchées, obligeant les producteurs à acheter des volumes extraordinaires d'eau d'irrigation. Ailleurs, les réserves de fourrage d'hiver sont déjà utilisées pour le bétail car les prix du foin ont doublé depuis le printemps, incitant les représentants de l'industrie à discuter d'importations de fourrage d'aussi loin que le Canada.

Pour faire face à la pénurie de fourrage, les agriculteurs envoient le bétail à l'abattoir nettement plus tôt que prévu – une mesure de détresse qui va inévitablement déprimer leur capacité de gain future. Sur les quelque 850 exploitations agricoles de Bâle-Campagne, environ 70 pour cent élèvent du bétail, et 730 reçoivent des paiements directs réguliers de l'État. Le gouvernement cantonal admet ne pas pouvoir quantifier le nombre d'exploitations confrontées à une détresse financière aiguë, mais il insiste sur le fait que le flux de demandes d'aide ne cesse de croître.

Cette intervention régionale n'est pas un cas isolé. Fin août, le Conseil fédéral a proposé d'ajouter 54 millions de francs d'aide opérationnelle sans intérêt à l'échelle nationale. Étant donné que les contributions fédérales et cantonales se complètent à parts égales, les deux millions de francs de Bâle-Campagne pourraient mobiliser une somme égale de Berne, acheminant jusqu'à quatre millions de francs vers le secteur local. Le canton assure aux contribuables que son exposition financière est minimale, les prêts étant garantis par des hypothèques sur des terres agricoles.

Naturellement, les représentants agricoles ont accueilli les fonds publics avec un enthousiasme prévisible. Marc Brodbeck, président de l'association régionale des agriculteurs, insiste sur le fait que les deux millions seront nécessaires, tout en promettant que cette aide de l'État restera une exception plutôt qu'une habitude récurrente. Pourtant, des tensions politiques se préparent. Le Parti Vert Libéral a déjà exprimé ses critiques, s'interrogeant sur la raison pour laquelle le secteur agricole devrait une fois de plus bénéficier de coussins financiers sur mesure, tandis que d'autres branches d'activité souffrant de la chaleur estivale sont laissées à leur propre sort.

Écrit par Sandy van Dongen sandy.vandongen@alpineweekly.com