
Hausse des exportations d'huile d'olive du Maroc : les chiffres derrière le déficit commercial de l'Espagne
Un bond de 10 000 % des importations depuis Rabat reflète un changement dans l'agriculture méditerranéenne plutôt qu'une menace immédiate pour la production nationale.

Lorsqu'une base de référence est proche de zéro, presque tout mouvement ascendant produit un pourcentage explosif. Les données du ministère espagnol de l'Économie, du Commerce et des Entreprises montrent une augmentation stupéfiante de 9 979 % des importations d'huile d'olive du Maroc entre les quatre premiers mois de 2025 et la même période en 2026. Les achats sont passés de seulement 103 tonnes à 10 384,7 tonnes, faisant grimper la valeur financière de 340 000 euros à 32,76 millions d'euros. Pourtant, les volumes absolus offrent une image beaucoup plus claire de la dynamique de ce marché méditerranéen.
L'huile marocaine représente désormais 7,48 % du total des importations espagnoles d'huile d'olive, un bond notable par rapport aux 2,01 % de l'année précédente. Même si le ministère de l'Agriculture prévoit une baisse de neuf pour cent de la production nationale, l'Espagne s'attend toujours à produire environ 1,295 million de tonnes pour la saison 2025-2026. Ces volumes importés soulignent un renversement définitif du commerce bilatéral plutôt qu'une prise de contrôle pure et simple du marché. Entre début 2025 et 2026, les exportations espagnoles vers le Maroc ont chuté de 75,2 % — passant de 2 721 tonnes à 673,72 tonnes — tandis que les rendements financiers ont diminué de 11,11 millions à 2,44 millions d'euros.
La capacité d'exportation de Rabat s'est considérablement étendue après la fin d'une sécheresse prolongée. La Fédération interprofessionnelle marocaine de l'olive anticipe une récolte de près de 200 000 tonnes, doublant ainsi les rendements précédents. Le Maroc bénéficie également de conditions commerciales préférentielles accordées par l'Union européenne, qui gère régulièrement l'accès au marché par le biais de cadres réglementaires complexes. Ces préférences commerciales spécifiques ont abaissé le prix d'entrée des produits agricoles marocains. Dans l'ensemble du bloc, les achats d'huile d'olive marocaine ont augmenté de 712,6 % entre octobre 2025 et mars 2026.
Rabat est en concurrence sur un marché encombré. L'Espagne a importé un total de 39 624,61 tonnes d'huile d'olive au cours des deux premiers mois de 2026. La Tunisie reste le principal fournisseur non-UE, livrant 15 861,10 tonnes à l'Espagne et conservant une part de 81 % des achats extérieurs de Bruxelles. Le Portugal suit de près, fournissant 13 174,47 tonnes. L'Italie se classe juste devant le Maroc avec 4 257,19 tonnes. Malgré la forte augmentation des importations marocaines, les fournisseurs traditionnels européens et nord-africains continuent de dominer le volume brut d'huile traversant les frontières espagnoles.
La chaîne d'approvisionnement méditerranéenne au sens large absorbe actuellement un changement dans la production agricole. Les exportateurs traditionnels vers l'UE ont connu de fortes baisses, les volumes provenant de la Turquie, de la Syrie et de l'Argentine s'effondrant respectivement de 95,1 %, 83,1 % et 53,4 %. Le Maroc comble partiellement le vide laissé par ces fournisseurs absents. En fin de compte, les chiffres commerciaux qui en résultent reflètent un marché européen s'ajustant à des cycles de récolte volatils plutôt qu'une refonte permanente de la hiérarchie agricole.
Écrit par Sandy van Dongen sandy.vandongen@alpineweekly.com
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