Au-delà des fresques : La fin d'une bête de somme à Pompéi

La découverte d'un squelette d'équidé dans une boulangerie commerciale nous rappelle que la vie antique n'était pas faite que de villas et de mosaïques, mais surtout de labeur.

Beyond the Frescoes: A Beast of Burden's End in Pompeii

Rien que son nom, la Maison des Amants Chastes, évoque des images d'une vie romaine raffinée, de secrets chuchotés dans des salles à manger ornées de fresques. Pourtant, la dernière découverte faite dans ce coin de Pompéi est tout sauf romantique. Des archéologues ont mis au jour le squelette d'un équidé – un âne ou une mule – non pas dans une grande villa, mais dans les confins austères d'une boulangerie commerciale. C'est une trouvaille qui parle moins d'amour que de labeur.

Le complexe, connu sous le nom d'Insula des Amants Chastes, était un centre de production. Il abritait non seulement la résidence du propriétaire, mais aussi une grande boulangerie, complète avec fours, entrepôts et étables. C'était un lieu de travail, où des animaux comme celui qui vient d'être trouvé étaient des machines vivantes, chargées de faire tourner les lourdes meules qui broyaient le grain pour le pain de la ville. Des fouilles antérieures avaient déjà révélé les restes d'autres équidés sur le site, cimentant son rôle d'installation industrielle.

Pendant trop longtemps, notre fascination pour Pompéi a été captivée par ses triomphes esthétiques. Comme l'a noté le directeur du parc, Gabriel Zuchtriegel, le site est souvent perçu principalement à travers le prisme de ses magnifiques fresques et de sa culture matérielle. Mais Pompéi est une ville figée dans ses derniers instants frénétiques, et son histoire englobe tous ses habitants, pas seulement les riches. Le squelette de l'animal éclaire discrètement cette réalité moins examinée, un monde de labeur qui alimentait l'empire mais est rarement représenté dans son art.

Cette découverte est le fruit d'un projet interdisciplinaire, combinant le travail des archéologues avec des spécialistes de la vie animale et végétale ancienne. L'excavation initiale a cédé la place à une analyse en laboratoire, qui promet de révéler davantage sur la vie de l'animal et ses derniers instants lors de l'éruption catastrophique du Vésuve en 79 après J.-C. Les chercheurs espèrent comprendre non seulement son rôle dans les opérations de la boulangerie, mais aussi comment les animaux ont réagi à la catastrophe. C'est un rappel sobre que derrière chaque pain romain se trouvaient la sueur des humains et la force des bêtes.

Écrit par Sandy van Dongen sandy.vandongen@alpineweekly.com