La campagne « QuitGPT » gagne du terrain après l'accord d'OpenAI avec le Pentagone

Le mouvement en ligne exhorte les utilisateurs à annuler leurs abonnements ChatGPT en raison des préoccupations concernant l'IA militaire

Une vague montante déferle actuellement en ligne : des gens s'unissent pour annuler leurs abonnements ChatGPT après qu'OpenAI a signé un accord pour déployer son IA au sein des réseaux militaires américains classifiés.

La campagne se nomme « QuitGPT ». Selon eux, plus de 1,5 million de personnes ont soit annulé leurs comptes payants, soit diffusé des messages de boycott sur les réseaux sociaux. Qu'est-ce qui a déclenché tout ça ? Apparemment, la rumeur s'est répandue que Sam Altman avait conclu un accord avec le Département de la Défense pour intégrer les modèles d'OpenAI dans les systèmes gouvernementaux sécurisés. Les choses ont vraiment commencé à s'enflammer lorsque Dario Amodei, le PDG d'Anthropic, a publiquement déclaré qu'il ne pouvait pas « en toute bonne conscience » laisser le Pentagone agir à sa guise avec la technologie de son entreprise.

Rappelez-vous, Anthropic est l'équipe derrière Claude. Apparemment, ils faisaient face à une échéance : assouplir certaines garde-fous intégrées ou risquer de perdre un contrat de 200 millions de dollars pour des travaux d'IA avancée directement liés à la sécurité nationale. Puis vint le tournant : après que les négociations entre Anthropic et les responsables de la défense aient échoué en quelques heures seulement, Altman a annoncé qu'OpenAI avait conclu son propre arrangement distinct pour déployer ses modèles au sein d'un réseau secret. Sur X (Twitter rebaptisé), Altman a décrit comment le Département de la Guerre, qui n'est qu'un autre nom pour le Département de la Défense, a fait preuve d'un « profond respect pour la sécurité » et a fait toutes sortes de promesses concernant une utilisation responsable. Cette nouvelle est tombée peu de temps après que Donald Trump a demandé aux agences fédérales de cesser immédiatement d'utiliser la technologie d'Anthropic.

C'est là que les choses se compliquent : les organisateurs de QuitGPT accusent OpenAI de rechercher le profit au détriment de la sécurité publique. Sur leur site, ils soutiennent qu'OpenAI a accepté de laisser le Pentagone utiliser ses outils à « toute fin légale », ce qui pourrait signifier tout, de la surveillance de masse aux systèmes d'armes autonomes, et cette possibilité ne plaît pas aux critiques. Pour ce que ça vaut, OpenAI affirme que ses règles interdisent la surveillance de masse domestique et insistent sur la supervision humaine en cas d'utilisation de la force, même dans des scénarios militaires. La campagne ne se limite pas aux boycotts ; elle pousse également les utilisateurs vers des alternatives. Ils énumèrent des plateformes axées sur la confidentialité ou open-source comme Confer, Alpine et Lumo, aux côtés de noms plus connus tels que Google Gemini et (ironiquement) Claude d'Anthropic lui-même.

Manque à l'appel de leurs recommandations : Grok, le chatbot intégré à la plateforme X d'Elon Musk, qu'ils suggèrent activement d'éviter. Prochaine étape pour QuitGPT... Les organisateurs annoncent une manifestation sur place devant le siège d'OpenAI à San Francisco le 3 mars (notez la date). Cela dit, on ne sait pas encore clairement combien de personnes ont réellement annulé leurs abonnements jusqu'à présent.

Pourtant, ce tollé met en lumière un débat de plus en plus vif : les géants de la technologie devraient-ils fixer des limites plus strictes lorsqu'il s'agit de déployer l'intelligence artificielle dans des contextes militaires ? Il n'y a pas de réponses faciles ici, mais une chose est claire : les gens n'ont pas encore fini d'en parler.

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