
Le président du Kirghizistan veut réformer le fonctionnement de la Cour constitutionnelle
Un nouveau projet de loi soumis au parlement supprimerait les collèges de trois juges, dématérialiserait les affaires et accorderait au président de la cour une voix prépondérante en cas d'égalité.

Le président du Kirghizistan a soumis un projet de loi au parlement du pays, le Zhogorku Kenesh, qui introduirait des changements significatifs dans le fonctionnement de la Cour constitutionnelle. Selon la note explicative accompagnant le projet de loi, les amendements proposés sont nécessaires pour la « modernisation institutionnelle » des procédures constitutionnelles et pour renforcer la confiance du public dans les décisions de justice.
L'un des changements clés concerne la procédure d'examen des recours. Actuellement, les plaintes et les recours font l'objet d'un examen préliminaire par des collèges de trois juges. Le président propose d'abandonner entièrement ce système. Selon le nouveau modèle, chaque recours serait examiné par la composition complète de la Cour constitutionnelle, plutôt que par un collège restreint.
Le juge chargé de préparer un dossier pour examen serait nommé par le président de la Cour constitutionnelle. Une fois une demande enregistrée, la cour aurait 30 jours pour décider de l'accepter ou de la rejeter. Cette décision nécessiterait un vote à la majorité de tous les juges. En cas d'égalité des voix, le président de la cour aurait la voix prépondérante.
Il convient de noter que la proposition vise également à éliminer la possibilité de faire appel du refus de la Cour constitutionnelle de traiter une affaire. Cette décision serait définitive.
Une autre innovation est un passage partiel aux opérations numériques. Le projet de loi prévoit la possibilité de déposer des recours, de préparer des dossiers et même de tenir des audiences en ligne. Cette mesure semble viser à simplifier les procédures et à réduire les goulots d'étranglement physiques dans le système.
Les délais sont également ajustés. Le projet de loi propose de prolonger le délai de préparation de la motivation des décisions de la Cour constitutionnelle de 10 à 30 jours. Pour les décisions concernant un certain nombre de questions importantes – y compris l'interprétation de la Constitution, les litiges entre les branches du gouvernement, l'examen des traités internationaux, les avis sur les amendements constitutionnels et les requêtes des tribunaux – le délai pour rendre les décisions serait prolongé de deux à trois mois.
Une disposition distincte du projet de loi traite des conséquences des décisions de la Cour constitutionnelle. Les lois qui doivent être adoptées à la suite de décisions judiciaires pourraient être accélérées. Ces projets de loi seraient autorisés à contourner la discussion publique, à suivre une procédure accélérée et à être adoptés lors des trois lectures parlementaires en une seule session.
Pour une cour qui gère tout, des examens de traités aux luttes de pouvoir gouvernementales, les changements sont substantiels. Moins d'obstacles procéduraux pour la cour, peut-être – mais aussi moins de secondes chances pour ceux dont les recours sont rejetés. Et le juge qui départagera les voix sera celui qui dirigera les débats. Que cela équivaut à une « modernisation institutionnelle » ou simplement à une machine plus efficace peut dépendre de la personne qui pose la question.
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