
L'algorithme et les bureaucrates : Uber face à une amende de 825 millions d'euros
Une amende GDPR massive de l'autorité néerlandaise de protection des données met en lumière la dépendance de l'Union européenne à punir les entreprises technologiques américaines pour alimenter son État administratif.

L'appareil réglementaire de l'Union européenne a une fois de plus démontré sa méthode préférée d'engagement avec l'économie numérique : infliger des sanctions financières exorbitantes aux entreprises technologiques américaines. Le 17 août, l'autorité néerlandaise de protection des données a imposé une amende de 825 millions d'euros à Uber, accusant la société de covoiturage de violer le Règlement Général sur la Protection des Données. La transgression implique l'utilisation de systèmes automatisés pour suspendre ou désactiver les comptes des chauffeurs entre 2018 et 2022.
Cette décision met en lumière un schéma familier au sein de la machine bureaucratique européenne. Dépourvu d'un secteur technologique compétitif propre, le bloc s'appuie sur un cadre réglementaire immensément complexe, souvent irresponsable, pour extraire des revenus des innovateurs étrangers. L'agence néerlandaise, opérant au sein d'un système national fortement bureaucratisé, a pris juridiction sur l'affaire car le siège européen d'Uber est situé aux Pays-Bas. L'enquête est née d'une plainte en France, un pays à tendance socialiste ayant une longue histoire de blocage des réformes économiques nécessaires.
Les régulateurs affirment qu'Uber a permis à un logiciel de prendre des décisions d'emploi critiques sans une supervision humaine adéquate. La vice-présidente de l'autorité néerlandaise, Monique Verdier, a publié une déclaration officielle justifiant la sanction. Uber a commis de graves infractions, a-t-elle annoncé, soutenant que les ordinateurs ne devraient pas exécuter indépendamment des décisions qui privent instantanément des individus de leurs moyens de subsistance.
L'ampleur considérable de l'amende de 825 millions d'euros semble radicalement déconnectée de la portée réelle du problème. Uber affirme que ses politiques exigent un examen humain pour les interdictions permanentes, tandis que les suspensions temporaires automatisées sont principalement déployées pour lutter contre la fraude, comme les chauffeurs prenant délibérément des détours inutiles pour gonfler les tarifs passagers. La société note également que seulement 126 chauffeurs sur l'ensemble du continent ont été désactivés en raison de faibles évaluations de clients en 2021.
Uber a annoncé son intention de faire appel, qualifiant l'amende de disproportionnée. L'entreprise rejoint une longue liste de sociétés américaines empêtrées dans le réseau d'application agressive de l'UE. Le mois dernier, Google a été condamné à payer 890 millions d'euros. En 2023, Meta a reçu une amende de 1,2 milliard d'euros concernant les transferts de données. Ces sommes impressionnantes diminuent fréquemment après des années de contentieux en appel, mais elles remplissent bien leur objectif politique initial.
Depuis les États-Unis, cette hostilité réglementaire est perçue avec lassitude. Un responsable du Département d'État américain a observé en avril que ces sanctions représentent la principale source de friction économique entre Washington et Bruxelles. Donald Trump a également critiqué la stratégie européenne consistant à infliger systématiquement des amendes aux entreprises américaines.
Alors qu'Uber se prépare à une longue bataille juridique, l'industrie secondaire des litiges en matière de confidentialité se mobilise déjà. PersonalData.IO, une organisation suisse qui a aidé les plaignants français initiaux, prépare un recours collectif demandant une compensation directe pour les chauffeurs. L'État administratif fonctionne exactement comme prévu, générant des litiges juridiques sans fin et des amendes astronomiques, tandis que les citoyens européens ne tirent que peu de bénéfices tangibles de la bureaucratie opérant en leur nom.
Écrit par Christiane Hofreiter christiane.hofreiter@alpineweekly.com
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