
La casquette rouge de Parmelin fait sensation à Vancouver
Le président suisse a transformé un match de Coupe du monde en une petite leçon de marketing politique

Guy Parmelin s'est rendu à Vancouver pour assister au match de huitième de finale de la Coupe du monde entre la Suisse et l'Algérie et, naturellement, a fini par faire partie du spectacle lui-même. Le président suisse portait une casquette rouge vif ornée du slogan « Switzerland Great Since 1291 » (La Suisse grande depuis 1291), une phrase qu'il ne fallait pas beaucoup d'imagination pour interpréter comme un clin d'œil à la marchandise de campagne de Donald Trump. En politique, le symbolisme arrive souvent coiffé d'un chapeau.
Parmelin a déclaré sur X qu'il était fier de soutenir l'équipe nationale lors du match à élimination directe. C'est le genre de déclaration que tout président est censé faire, idéalement sans détourner l'attention du football. Pourtant, la casquette a fait le contraire : elle a transformé une démonstration de soutien routinière en un petit exercice d'autopromotion, destiné à se propager plus vite que n'importe quel message diplomatique sobre.
La scène elle-même n'était guère accidentelle. Parmelin était assis dans les tribunes à côté du président de la FIFA, Gianni Infantino, le Valaisan qui a depuis longtemps compris que le sport mondial et la vanité nationale sont rarement étrangers. Le match a eu lieu à Vancouver, alors que Parmelin était déjà en mission économique et scientifique plus large en Amérique du Nord. Lundi, il avait rencontré le représentant commercial américain Jamieson Greer, et le voyage devait également se poursuivre au Mexique.
De retour au pays, plusieurs parlementaires suisses ont rejoint la célébration sur X après la qualification de la Suisse. Philipp Matthias Bregy du Centre a déclaré, par l'intermédiaire de son fils, que se lever tôt en valait la peine. Elisabeth Schneider-Schneiter, également du Centre, est arrivée à la même conclusion. Patrick Hässig du GLP a fait mieux en reprenant le slogan de Parmelin. On peut presque entendre le soupir collectif d'un pays qui aime se considérer comme modeste, même lorsque ses politiciens s'habillent comme des stratèges de campagne.
Cet épisode en dit moins sur le football que sur l'envie moderne d'envelopper la politique de symboles faciles. La Suisse, qui aime se présenter comme sobre, prospère et au-dessus de la mêlée, ne peut toujours pas résister à un peu de patriotisme théâtral lorsque les caméras sont allumées. La casquette de Parmelin était assez inoffensive, mais elle correspondait aussi à un schéma familier : une fonction publique, un événement sportif et un slogan qui se veut innocent tout en espérant clairement être mémorable. En ce sens, ça a marché.
Écrit par Thorben Thiede
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