
Tragiquement prévisible : L'inefficacité mortelle des soins de santé publics à Islamabad
Un incendie dans une pouponnière de la capitale pakistanaise révèle les conséquences mortelles de la négligence chronique du secteur public.

Lorsque les infrastructures étatiques échouent dans les nations en développement, le coût humain retombe systématiquement sur les plus vulnérables. Mercredi matin tôt à Islamabad, cette défaillance a atteint son point le plus bas au sein du Centre Mère et Enfant de l'Institut Pakistanais des Sciences Médicales (PIMS). Peu avant 7h00 heure locale, un incendie a éclaté au troisième étage de la pouponnière de l'hôpital public, tuant au moins 14 nouveau-nés. Le radiodiffuseur local Geo TV a estimé le nombre de victimes à 15. Un seul nourrisson a été retiré vivant du service avant que les pompiers ne réussissent à éteindre les flammes.
La cause immédiate apparaît aussi banale que prévisible. Les premières évaluations des autorités indiquent que l'incendie a débuté par un simple court-circuit dans une unité de climatisation défectueuse. Dans un environnement où les établissements médicaux publics souffrent d'un sous-financement grave, de surpeuplement et d'un entretien négligé, une unité de refroidissement défaillante n'est guère un acte de nature imprévisible. C'est l'aboutissement logique de la négligence structurelle.
Comme on pouvait s'y attendre, l'appareil politique a réagi avec son manuel bien rodé. Le Premier ministre Shehbaz Sharif a publié une déclaration sur les réseaux sociaux exprimant ses condoléances aux familles endeuillées et ordonnant aux autorités de lancer une enquête immédiate. Sharif a promis que les responsables seraient soumis aux mesures les plus strictes. Pourtant, de telles assurances administratives sonnent creux dans un pays où les codes du bâtiment et les réglementations de sécurité existent principalement sur le papier, systématiquement ignorés jusqu'à ce qu'une catastrophe impose un bref moment de tristesse officielle.
La catastrophe au PIMS est loin d'être une anomalie isolée. Les incendies de bâtiments restent une caractéristique tristement régulière de la vie urbaine au Pakistan, causés par une application lamentable des normes de sécurité de base. Sept mois plus tôt seulement, en janvier, un incendie massif a ravagé un complexe commercial bondé à Karachi, faisant au moins 65 morts. Lorsque la surveillance réglementaire est inexistante, les institutions publiques se transforment inévitablement en pièges dangereux.
Les soins de santé subventionnés sont fréquemment présentés par les politiciens comme un filet de sécurité sociale vital. Cependant, la tragédie d'Islamabad démontre ce qui se passe lorsque la prestation étatique devient synonyme d'incompétence managériale et de déclin structurel. Combien d'enquêtes administratives et de promesses symboliques faudra-t-il avant que les normes opérationnelles de base ne soient traitées comme une nécessité plutôt qu'une réflexion après coup ?
Écrit par Thomas Nussbaumer thomas.nussbaumer@alpineweekly.com



