Trois ans et 900 000 francs plus tard, le sable retourne au lac de Neuchâtel

Une intervention étatique avec de lourds engins pour enrayer l'érosion constante des rives du lac de Neuchâtel.

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Three Years and 900,000 Francs Later, Sand Returns to Lake Neuchâtel

La nature a son propre rythme, mais l'administration publique prend aussi son temps. Sur les rives du lac de Neuchâtel, l'action des vagues, le trafic maritime et les fortes arrivées d'eau érodent discrètement environ un mètre de terre chaque année. Pourtant, trouver un moyen de ramener du sable sur la côte reculante de la Grande Cariçaie a nécessité trois années complètes de planification.

La solution à ce problème hydrologique courant est finalement arrivée sous la forme d'une imposante drague aspiratrice flottante ancrée à 350 mètres du rivage entre Cheyres et Yvonand. Le plan opérationnel est assez simple : le navire creuse jusqu'à une profondeur de 5,4 mètres, aspire le sable sous-marin et le pompe vers la rive avec de l'eau pour former une pente douce conçue pour résister aux vagues. Un total de 14 000 mètres cubes de sable sera déplacé pour consolider seulement un kilomètre de littoral. Après le dragage, les ouvriers planteront des roselières pour reconstituer la couche de végétation protectrice naturelle.

Là où l'eau mesurait récemment un demi-mètre de profondeur, une plage de sable est déjà réapparue. La facture de cette intervention mécanique s'élève à 900 000 francs suisses, prise en charge par les cantons de Vaud et Fribourg, ainsi que par la Confédération suisse.

Ces dépenses sont justifiées par la valeur immédiate de ce qui se trouve directement derrière la ligne d'eau. Selon Michel Baudraz, directeur de l'association Grande Cariçaie, ce seul kilomètre de rivage protège des zones naturelles écologiquement sensibles, des sites archéologiques classés au patrimoine mondial de l'UNESCO et des résidences privées situées à peine cinquante mètres de l'eau. Sans intervention, ces structures et habitats risquent l'inondation d'ici quelques décennies.

Ludovic Piccand, dont l'entreprise exploite la drague, a supervisé le déroulement des préparatifs techniques de trois ans. Avec les premières portions de plage restaurée déjà visibles, le projet n'est qu'à mi-parcours de son calendrier. Une deuxième phase de travaux de dragage devrait débuter début 2027, garantissant que les fonds publics continueront d'être investis dans le lit du lac pour maintenir le littoral stable.

Écrit par Thomas Nussbaumer

thomas.nussbaumer@alpineweekly.com