
Un bébé meurt à Marseille après avoir été laissé dans une voiture en pleine chaleur, la France enregistre un quatrième décès d'enfant en une semaine
Une vague de chaleur, un véhicule surchauffé et une série de tragédies évitables ont transformé une alerte estivale de routine en un sombre bilan national.

La France a réussi, une fois de plus, à transformer une vague de chaleur estivale en une leçon de tragédie évitable. À Marseille, un bébé de 18 mois est décédé après avoir été retrouvé dans une voiture qui avait surchauffé au soleil, portant à quatre le nombre de décès d'enfants dans des véhicules en France en seulement une semaine. La séquence est brutale dans sa simplicité : des températures élevées, une voiture fermée et quelques minutes fatales de trop.
L'enfant a été découvert mardi sur le parking du campus hospitalier de La Timone, qui fait partie de l'Université d'Aix-Marseille, après avoir souffert d'hyperthermie. Les services de la protection civile ont transporté le nourrisson au service de pédiatrie, puis aux urgences dans un état critique. Le décès a été annoncé vendredi, et l'heure exacte reste incertaine.
Marseille était loin d'être une fournaise selon les standards du désert. Les températures ont atteint 33°C mardi, alors que le département des Bouches-du-Rhône était en alerte orange canicule. Cela, apparemment, a suffi. Selon les médias, le parent aurait oublié l'enfant dans la voiture après s'être rendu au travail sur le campus. Le procureur de la République a ouvert une enquête, confiée à la division de la criminalité territoriale, pour établir les circonstances.
L'université a réagi avec le genre de déclaration que les institutions produisent lorsque les mots sont tout ce qu'il leur reste. C'est avec une profonde tristesse que nous avons appris l'événement tragique qui s'est produit sur le campus de la Timone. Nous adressons nos plus sincères condoléances à la famille et aux proches de la victime. Nous exprimons également notre soutien à toutes les personnes qui ont été témoins ou ont été affectées par cet événement tragique, a déclaré Éric Berton, le président de l'université, ajoutant qu'une cellule de soutien psychologique avait été mise en place pour le personnel et les témoins.
Le décès de Marseille n'est que le dernier d'une série sombre. Jeudi, les procureurs du Val-d'Oise ont annoncé la mort d'un garçon de trois ans à Saint-Gratien, près de Paris, après qu'il s'est retrouvé piégé dans une voiture familiale par une chaleur extrême. Lundi, deux enfants âgés de deux et quatre ans ont été retrouvés morts dans une voiture à Carpentras, dans le sud du pays. Dans ce cas, les enfants auraient échappé à la surveillance de leur mère, seraient entrés dans le véhicule et n'auraient ensuite pas pu en sortir.
Quatre enfants morts en une semaine n'est pas une histoire météorologique, même si la météo fait l'essentiel du travail. C'est une histoire de sécurité publique, et une histoire sombre. Les vagues de chaleur ne sont pas assez rares pour excuser la complaisance, et les voitures restent des fours impitoyablement efficaces une fois les portes fermées. La France a maintenant une enquête à Marseille, trois cas antérieurs à examiner, et une question moins météorologique que civilisationnelle : combien d'avertissements une société a-t-elle besoin avant de traiter l'évidence comme une urgence ?
Écrit par Martina Kirchner martina.kirchner@alpineweekly.com




