févr. 24, 2:09 PM

Le Parlement européen refuse une minute de silence pour un étudiant français tué lors d'affrontements à Lyon

La Présidente Roberta Metsola juge l'hommage hors du cadre de la session extraordinaire axée sur l'Ukraine à Bruxelles

Le Parlement européen a refusé une demande de minute de silence pour Quentin Deranque, un étudiant nationaliste français de 23 ans décédé après de violents affrontements à Lyon plus tôt ce mois-ci, invoquant la portée limitée d'une session extraordinaire consacrée à l'Ukraine.

La Présidente du Parlement, Roberta Metsola, a rejeté la proposition alors que les législateurs se réunissaient à Bruxelles pour une séance spéciale marquant le quatrième anniversaire de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. La session est exclusivement axée sur la guerre et comprend un vote sur une résolution non contraignante en soutien à Kyiv.

La demande d'hommage a été soumise par le groupe d'extrême droite Patriotes pour l'Europe (PfE). Selon des sources parlementaires, elle a été refusée car elle n'était pas liée à l'ordre du jour de la session. D'autres tentatives de modification du programme ont également été rejetées pour des motifs similaires. Une commémoration pourrait néanmoins avoir lieu lors de la prochaine session plénière ordinaire à Strasbourg en mars.

Déranque est décédé à l'hôpital après avoir été gravement battu lors d'affrontements entre militants d'extrême gauche et d'extrême droite à Lyon. La confrontation a eu lieu après un événement mettant en vedette Rima Hassan, membre du Parlement européen du parti de gauche La France Insoumise (LFI).

L'enquête sur ce meurtre est toujours en cours. Les procureurs français ont déclaré que sept individus feront face à des accusations de meurtre, y compris un assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault. Les autorités n'ont pas publiquement détaillé les circonstances spécifiques de l'implication présumée de chaque suspect.

La mort de Déranque a suscité de vives réactions en France, où les tensions politiques sont déjà accrues à l'approche des élections locales et avec un vote présidentiel qui se profile l'année prochaine. Le Rassemblement national d'extrême droite a accusé LFI de porter la responsabilité morale, soulignant des liens présumés entre le parti et « La Jeune Garde », un groupe antifasciste qui a été dissous en 2025 pour ses activités violentes.

Plus de 3 200 personnes ont participé à une marche à Lyon samedi dernier pour honorer l'étudiant.

L'affaire a également provoqué des frictions diplomatiques. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a convoqué l'ambassadeur des États-Unis à Paris, Charles Kushner, après que ce dernier a partagé un message du Bureau du contre-terrorisme du département d'État américain affirmant que le gauchisme radical violent était en augmentation et citant la mort de Déranque comme exemple. Barrot a déclaré que la France rejetait les tentatives de politiser la tragédie.

Au sein du Parlement européen, le groupe PfE a formellement proposé la minute de silence et a recherché le soutien des partis alliés. Les Conservateurs et Réformistes européens (ECR) se sont ensuite joints à l'appel et ont déclaré qu'ils demanderaient un débat plus large en mars sur la violence politique liée à l'extrémisme d'extrême gauche.

Pour l'instant, cependant, les dirigeants parlementaires ont maintenu la session extraordinaire étroitement axée sur l'Ukraine. Il reste à voir si la mort de Déranque sera abordée lors d'un futur débat en plénière, mais les répercussions politiques en France ne montrent aucun signe d'apaisement.

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