
La criminalité et la sécurité dominent la campagne électorale à Marseille
Franck Allisio du Rassemblement National fait campagne pour une police plus dure dans la deuxième ville de France, tandis que ses rivaux affirment que les craintes liées à la criminalité sont amplifiées pendant la bataille électorale.

La sécurité est au cœur de la course à la mairie de Marseille, le candidat d'extrême droite du Rassemblement National, Franck Allisio, bousculant les choses à quelques jours du premier tour de scrutin de dimanche.
Les vidéos de campagne d'Allisio – accompagnées de mélodies dramatiques – promettent des mesures radicales pour freiner la criminalité dans cette ville portuaire méditerranéenne animée. Il s'engage à tripler les effectifs de la police municipale, à doubler les caméras de surveillance et à installer un poste de police dans chaque arrondissement. Cette approche résonne clairement auprès de partisans comme Marie-Hélène Martin, une enseignante qui a convaincu des membres de sa famille, auparavant hésitants, de soutenir le Rassemblement National.
À en juger par les récents sondages, la course pourrait être très serrée. Allisio est actuellement à égalité avec le maire socialiste sortant Benoît Payan, ce qui donne au Rassemblement National une chance de contrôler la deuxième ville de France – quelque chose qui semblait autrefois hors de portée.
Marseille elle-même, longtemps réputée pour son port historique et son atmosphère méditerranéenne vibrante, est devenue un point chaud dans la bataille de la France contre l'augmentation de la consommation de cocaïne, comme le souligne un rapport du Sénat de 2024. Les préoccupations sécuritaires sont désormais en tête des priorités des électeurs avant les deux tours des élections municipales les 15 et 22 mars.
La montée en puissance d'Allisio reflète des courants nationaux plus larges. Les sondeurs indiquent que le parti anti-immigration, auparavant poursuivi par des allégations de racisme et d'antisémitisme, pourrait jouer un rôle majeur dans la course présidentielle de 2027. Les élections locales sont considérées comme des tremplins dans cette grande stratégie. «Nous devons gagner les élections municipales, et ensuite notre objectif est la présidentielle», a fait remarquer Martin.
En fin de compte, l'issue de Marseille pourrait dépendre de la capacité des partis de gauche à se rassembler autour d'un seul candidat au second tour. Un sondage Ifop de mars a montré qu'un soutien unifié de la gauche à Payan pourrait lui donner une avance de dix points sur Allisio. Mais si le camp se fragmente, les choses deviennent beaucoup plus serrées.
Bien que les maires en France n'aient qu'une influence limitée sur la sécurité publique, les deux favoris se sont concentrés sur la criminalité. Les gouvernements municipaux gèrent la police locale, mais leurs unités possèdent moins de ressources et de pouvoirs que les forces de police nationales.
Allisio affirme que Marseille est confrontée à une crise de trafic de drogue. «Nous assistons à une explosion du trafic de drogue, et face à cela, pendant des années, rien n'a été fait», a-t-il affirmé.
Payan riposte, soulignant que la ville a déjà renforcé sa police municipale. Il accuse également l'extrême droite d'exploiter les peurs plutôt que d'offrir des solutions réalisables.
Les statistiques officielles révèlent que la criminalité globale à Marseille a diminué de 4,1 % l'année dernière par rapport à 2024. Les données de la police suggèrent également que les homicides liés à la drogue ont diminué depuis leur pic en 2023. Néanmoins, des meurtres très médiatisés liés au trafic de drogue ont ébranlé les habitants.
La sociologue Claire Duport de l'Observatoire Français des Drogues et des Tendances Addictives explique que le malaise des habitants est compréhensible, même si les tendances de violence à long terme ne flambent pas. Elle observe que les homicides liés à la drogue impliquent de plus en plus des attaques aveugles plutôt qu'une vengeance ciblée.
En réponse, Payan a fait appel à l'activiste anti-drogue Amine Kessaci pour renforcer sa campagne. Kessaci, âgé de seulement 22 ans et ayant perdu deux frères à cause de la violence liée à la drogue, estime que la lutte contre la criminalité nécessite des politiques sociales plus larges.
Il soutient que Marseille doit s'attaquer au trafic de drogue par de meilleurs soins de santé, l'éducation, les transports et le logement.
Dans des quartiers comme La Busserine, au nord de Marseille, qui ont été les plus touchés par la violence liée à la drogue, certains habitants expriment leur malaise face à l'accent mis sur la sécurité par la campagne.
Fadella Ouidef, bénévole dans un centre social local, affirme que l'extrême droite oriente continuellement la discussion politique vers la criminalité. «C'est toujours l'extrême droite qui fixe les termes du débat», a-t-elle déclaré, craignant que cela ne stigmatise les communautés arabes et noires.
Malgré ces préoccupations, le trafic de drogue ouvert reste visible. Près d'un grand complexe d'habitations appelé «Le Mail», de jeunes dealers continuent de vendre de la drogue aux passants.
Pour des personnes comme Ouidef, le problème est complexe. La consommation de drogue devrait être traitée comme un problème de santé publique, et elle craint que la réduction du soutien social n'aggrave les conditions dans des quartiers déjà vulnérables.
«Si le Rassemblement National arrive au pouvoir, ce sera désastreux», a-t-elle averti, craignant que les coupes dans les services sociaux n'aggravent les difficultés au lieu de renforcer la sécurité.
À l'approche du scrutin, la course à la mairie de Marseille est devenue un test crucial pour évaluer l'importance des préoccupations sécuritaires chez les électeurs de l'une des villes les plus diverses et les plus politiquement chargées de France.
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