Macron exhorte Trump à lever les sanctions contre les fonctionnaires de l'UE

Le président français dénonce les mesures prises contre l'ancien commissaire Thierry Breton et le juge de la CPI Nicolas Guillou, insistant sur le fait qu'elles ne sont pas justifiées.

Le président français Emmanuel Macron a officiellement exhorté le président américain Donald Trump à annuler les sanctions imposées à plusieurs fonctionnaires européens, arguant que ces pénalités manquent de justification et sapent la souveraineté de l'Europe. Dans une correspondance rendue publique par La Tribune Dimanche et ultérieurement vérifiée par le Palais de l'Élysée, Macron a imploré Trump de « reconsidérer ces décisions », qualifiant les restrictions de totalement injustifiées. Voici le problème : Thierry Breton, ancien commissaire européen chargé de la régulation numérique pour le bloc, est directement dans le collimateur de Washington.

Les États-Unis ont interdit à Breton l'entrée sur leur territoire, le montrant du doigt pour avoir prétendument orchestré des « efforts organisés pour contraindre les plateformes américaines à punir les points de vue américains qu'elles désapprouvent », si l'on en croit la déclaration du secrétaire d'État Marco Rubio. Mais pourquoi s'en prendre spécifiquement à Breton...

Macron a fermement rejeté ces allégations, défendant le bilan de Breton et soulignant que les politiques numériques de l'UE, y compris le Digital Services Act de 2022, s'appliquent uniformément à toutes les entreprises opérant à l'intérieur des frontières de l'UE et ne s'étendent pas au-delà de l'Europe elle-même (pas de dépassement extraterritorial ici). En résumé : selon Macron, frapper Thierry Breton de sanctions ne sape pas seulement la capacité de l'Europe à réglementer ses propres affaires, mais repose également sur des hypothèses fondamentalement erronées. Voilà ce qu'il en est.

Nicolas Guillou, qui siège comme juge à la Cour pénale internationale, s'est retrouvé dans le collimateur après que la cour a émis des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour des crimes de guerre présumés commis à Gaza. Macron a fermement réagi, il a averti que s'en prendre à Guillou met en péril l'indépendance judiciaire et ce que la CPI représente réellement. Pendant ce temps, il n'est pas un secret que Washington a toujours été très critique envers ce qu'il considère comme une surveillance excessivement agressive de l'UE sur les géants technologiques américains, surtout depuis l'arrivée du Digital Services Act..

Breton a joué un rôle déterminant ici ; il a contribué à l'élaboration de règles exigeant que les grandes plateformes comme X, Facebook et Google opèrent sous des obligations strictes de modération et de transparence. Mais voici où les choses se compliquent : les responsables américains sont catégoriques sur le fait que ces réglementations ne sont rien de plus qu'une tentative de l'Europe de museler la liberté d'expression et de réprimer les voix des utilisateurs américains en ligne...

Tous ces va-et-vient diplomatiques se déroulent alors que Macron intensifie ses propres efforts pour encadrer les réseaux sociaux, il s'est particulièrement concentré sur la manière dont les enfants accèdent à ces sites. Et tenez-vous bien : il a l'intention d'aborder la question directement avec Trump prochainement. La semaine dernière a apporté une nouvelle tournure. Le président français n'a pas mâché ses mots en répondant à la défense classique de la « liberté d'expression » des géants de la tech ; il l'a balayée d'un revers de main comme de la « pure connerie », insistant sur la nécessité d'une plus grande transparence sur la manière dont les algorithmes orientent (et parfois déforment) la conversation publique.

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