Un plan commode : la surprise d'octobre de Netanyahou brouille la sécurité familiale et la géopolitique

Confronté à une élection serrée et aux menaces iraniennes, le Premier ministre israélien utilise une prétendue tentative d'assassinat pour justifier des dépenses publiques et déjouer son rival.

A Convenient Plot: Netanyahu’s October Surprise Blurs Family Security and Geopolitics

La survie politique exige souvent une maîtrise magistrale du timing, et Benjamin Netanyahou n'a rarement manqué d'instinct pour le théâtral. À l'approche des élections générales israéliennes d'octobre et sa coalition étant à la traîne dans les sondages, le Premier ministre a introduit un nouveau récit frappant dans la campagne. Lors d'un entretien téléphonique avec Channel 14, un diffuseur conservateur connu pour sa posture sympathique envers le gouvernement actuel, Netanyahou a déclaré que des agents iraniens avaient tenté d'assassiner l'un de ses fils.

De manière caractéristique, le Premier ministre n'a fourni aucune preuve. Il a omis tout détail concernant le lieu, le calendrier ou même l'identité spécifique du fils ciblé. Au lieu de cela, l'affirmation a été déployée pour renforcer un argument domestique plus large concernant la sécurité politique. La révélation a fait suite à des informations selon lesquelles une agence de sécurité israélienne avait refusé de fournir une protection à Gadi Eisenkot. L'ancien chef de l'armée est actuellement au coude à coude avec Netanyahou pour le poste de Premier ministre. Plutôt que de rejeter les besoins de son rival, Netanyahou a exprimé un ferme soutien à la fourniture d'une protection 24h/24 à Eisenkot, arguant que sans de telles mesures, les agents iraniens atteindraient leurs objectifs.

Le spectre des représailles iraniennes n'est guère abstrait. Une récente frappe américano-israélienne conjointe sur Téhéran a entraîné la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei et de quatre membres de sa famille, y compris sa fille et une petite-fille de quatorze mois. L'implication américaine et israélienne dans l'élimination de la direction iranienne a inévitablement déclenché des promesses de sévères représailles de la part de Téhéran. Mojtaba Khamenei, nommé nouveau guide suprême peu après la mort de son père, est resté à l'écart du public. Pourtant, dans un message publié lors des funérailles, le jeune Khamenei a juré de venger l'ancien dirigeant.

Dans ce contexte géopolitique volatil, les manœuvres domestiques de Netanyahou apparaissent très calculées. En juillet, les autorités israéliennes ont accordé une protection personnelle étendue à l'épouse du Premier ministre et à ses deux fils. Cette décision a généré des frictions publiques considérables, en particulier concernant son fils de trente-cinq ans, Yaïr. Le jeune Netanyahou a passé une grande partie de l'année à Miami, suscitant d'intenses critiques concernant les fonds considérables des contribuables nécessaires pour maintenir son dispositif de sécurité à l'étranger.

En présentant sa famille comme des cibles actives d'un adversaire étranger, Netanyahou aborde élégamment plusieurs vulnérabilités politiques à la fois. Il justifie la dépense publique controversée liée au style de vie de son fils à Miami, se positionne comme un homme d'État magnanime préoccupé par la sécurité de son rival électoral, et rappelle à l'électorat israélien les menaces existentielles qui planent au-delà de leurs frontières. Que le complot iranien soit une véritable interception de renseignement ou un dispositif rhétorique commode, il sert d'outil puissant pour un leader désespéré de réduire l'écart dans les sondages avant que les électeurs ne déposent leurs bulletins.

Écrit par Thomas Nussbaumer

thomas.nussbaumer@alpineweekly.com