La Tournée de Réunion de la Capture d'État : La Tentative Tardive de Pretoria de Maîtriser Jacob Zuma

Suite à une rencontre très médiatisée avec un homme d'affaires fugitif en Inde, le gouvernement sud-africain s'efforce de mettre en œuvre des protocoles de voyage pour les anciens chefs d'État.

The State Capture Reunion Tour: Pretoria's Belated Attempt to Rein in Jacob Zuma

Jacob Zuma ne possède peut-être plus les clés des Union Buildings, mais l'ancien président sud-africain conserve une capacité remarquable à humilier son gouvernement sur la scène mondiale. Suite à une réunion très visible en Inde avec une figure centrale du scandale de la capture d'État, Pretoria tente désespérément de fermer la porte de l'écurie. Le ministre des Affaires étrangères, Ronald Lamola, a formellement recommandé que le parlement et la présidence mettent en œuvre de nouveaux protocoles stricts pour les anciens chefs d'État voyageant à l'étranger. L'objectif est d'imposer la transparence aux ex-dirigeants qui continuent de bénéficier du soutien de l'État tout en poursuivant des agendas privés.

Le catalyseur de cette urgence bureaucratique soudaine a été une photographie prise le mois dernier dans un temple indien. Elle montrait Zuma, âgé de 84 ans, aux côtés d'Ajay Gupta, un homme d'affaires dont la famille est synonyme du pillage systémique de l'État sud-africain. L'image d'un ancien président se mêlant à un homme impliqué dans le sabotage économique était suffisamment préjudiciable. Pourtant, la présence d'Anil Sooklal, haut-commissaire d'Afrique du Sud en Inde, sur la même photographie a élevé l'incident au rang de crise diplomatique. Sooklal a depuis été rappelé à Pretoria, malgré ses dénégations de toute faute professionnelle.

Les règlements proposés par Lamola exigent que les anciens présidents fournissent des itinéraires complets avant le départ. Selon le ministre des Affaires étrangères, ces données permettront au gouvernement de faire une évaluation éclairée du niveau de soutien approprié requis et de tous les risques réputationnels, politiques, diplomatiques ou de sécurité associés. Évaluer le risque réputationnel de Jacob Zuma est un exercice qui relève de l'évidence. Une commission judiciaire a conclu en 2022 que Zuma avait effectivement sous-traité la gestion de l'économie nationale à la famille Gupta, embauchant et renvoyant des ministres du cabinet sur leurs instructions.

Les frères Gupta ont fui l'Afrique du Sud en 2018 alors que le filet se resserrait autour de leur vaste réseau de clientèle. Tandis que les autorités annulaient discrètement le mandat d'arrêt contre Ajay Gupta, ses jeunes frères, Atul et Rajesh, restent hors de portée du système judiciaire. Une tentative d'extradition de ceux-ci depuis les Émirats arabes unis en 2023 s'est soldée par un échec, laissant le public observer les architectes de la capture d'État jouir de leur richesse en exil. Que Zuma accorde ensuite une audience publique à un frère Gupta est une démonstration flagrante d'impunité, décrite par un ministre comme un geste grossier envers la nation entière.

Il ne s'agit guère d'un incident isolé de diplomatie non conventionnelle. L'année dernière, opérant en tant que leader du parti d'opposition uMkhonto we Sizwe après son expulsion du Congrès National Africain au pouvoir, Zuma s'est rendu au Maroc. Posant devant le drapeau sud-africain, il a publiquement approuvé les revendications territoriales de Rabat sur le Sahara occidental. Cela contredisait la politique étrangère établie de Pretoria, forçant le gouvernement à émettre une protestation diplomatique au Maroc. Les nouveaux protocoles de voyage représentent une reconnaissance tardive qu'un ancien dirigeant déshonoré est un passif qu'un État fonctionnel peut difficilement se permettre de subventionner.

Écrit par Martina Kirchner martina.kirchner@alpineweekly.com