
Droits de propriété et hymnes désaccordés au CPAC
Les organisateurs conservateurs ont détourné un hymne emblématique de la diversité, prouvant une fois de plus que le respect de la propriété intellectuelle s'arrête à la porte de l'auditorium.

Les organisateurs politiques possèdent une capacité extraordinaire à l'aveuglement idéologique. La dernière démonstration de cette compétence particulière a eu lieu à Brisbane, où la Conférence d'Action Politique Conservatrice a ouvert son programme avec une interprétation d'un hymne populaire, pour la faire suivre immédiatement de discours condamnant l'immigration de masse.
L'hymne en question, I Am Australian, a été co-écrit en 1987 par Bruce Woodley des Seekers et Dobe Newton des Bushwackers. Sa prémisse centrale repose sur la célébration d'une nation forgée par des personnes venues de toutes les terres. Malgré ce thème explicite, les organisateurs du CPAC ont placé la chanson en bonne place dans leur programme officiel, aux côtés de l'hymne national et de Waltzing Matilda, sans prendre la peine d'obtenir le consentement des titulaires des droits d'auteur.
Woodley a confirmé qu'aucune permission n'avait été demandée ou accordée pour la performance de samedi. Newton a exprimé une consternation similaire, notant la contradiction évidente entre une chanson axée sur l'unité large et la rhétorique anti-immigration prononcée par des orateurs de la conférence comme la leader de One Nation, Pauline Hanson, et le porte-parole de l'opposition, Angus Taylor.
L'histoire de Hanson avec ce morceau est longue et controversée. Lors d'une précédente campagne électorale, sa tentative d'adopter la chanson s'est terminée brusquement après que Woodley et Newton aient envoyé une menace juridique par l'intermédiaire de leur avocat, forçant un changement d'avis soudain. Les auteurs-compositeurs ont constamment protégé l'œuvre contre l'exploitation partisane. Lors du référendum de 2023 sur la Voix au Parlement, les campagnes du Oui et du Non ont toutes deux demandé la permission d'utiliser la composition, et toutes deux ont été catégoriquement refusées.
Une autorisation appropriée n'a été accordée que dans des circonstances civiques spécifiques, telles que la campagne du Mouvement Républicain Australien lors du référendum de 1999, ou pour des événements sportifs et nationaux majeurs et neutres. L'enregistrement de 1997 mettant en vedette feu Judith Durham, Russell Hitchcock et feu le Dr M Yunupingu a un statut culturel standard et a été officiellement ajouté au registre de la National Film and Sound Archive en 2023.
D'un point de vue juridique, une représentation publique non autorisée dans un cadre politique représente une violation claire de la loi sur le droit d'auteur. Mark Callaghan, musicien vétéran et membre du conseil d'administration de l'organisme de gestion des droits APRA-AMCOS, a observé que le contrôle de ces utilisations non autorisées est devenu une lutte constante sur Internet et lors d'événements publics, décrivant l'effort d'application comme un jeu de la taupe.
L'incident met en lumière une tendance plus large chez les campagnes politiques, qui s'approprient régulièrement des œuvres culturelles populaires pour acheter une gravité instantanée. Lorsque les organisateurs traitent la propriété intellectuelle comme du domaine public simplement parce que cela correspond à leur humeur, ils révèlent un curieux mépris à la fois pour les droits de propriété fondamentaux et pour les paroles littérales des chansons qu'ils diffusent.
Écrit par Andreas Hofer
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