
Les mandats d'administrateur comme armes dans la bataille pour le Conseil fédéral
La Conseillère nationale genevoise Céline Amaudruz est la cible de vives attaques concernant ses liens avec des entreprises, alors que les querelles régionales et au sein du parti s'intensifient avant la nomination de l'UDC.

Au sein du Parlement de milice suisse, conserver des liens avec le secteur privé est généralement considéré comme une vertu — jusqu'à ce qu'un siège au sein du pouvoir exécutif du pays soit en jeu. Alors que l'UDC s'apprête à finaliser sa liste de candidats le 20 novembre pour succéder au Conseiller fédéral Guy Parmelin, la Conseillère nationale genevoise Céline Amaudruz se retrouve la cible d'une contestation concertée de la part de la presse alémanique. La vice-présidente du parti est examinée de près pour sa fortune personnelle, son genre, ses quelques écarts par rapport à la ligne du parti et, surtout, ses mandats rémunérés au sein d'entreprises.
Selon le registre officiel des intérêts parlementaires, Céline Amaudruz détient quatre mandats rémunérés. Trois d'entre eux sont des postes d'administrateur au sein des conseils de l'Aéroport de Genève, du Groupe Minoteries et de la Société Infracore. Dans un conseil où le parlementaire moyen occupe 3,3 postes rémunérés et les membres de centre-droit 4,2 — certains de ses pairs en accumulant jusqu'à 19 — quatre mandats ne constituent guère une charge sans précédent. Cependant, le fait de détenir plus de sièges au conseil que le parlementaire typique a fourni aux critiques un levier efficace.
La controverse a mis à nu les lignes de fracture traditionnelles de la politique suisse. Le Conseiller national UDC valaisan Jean-Luc Addor a publiquement défendu sa collègue, déplorant qu'une candidate compétente soit traînée dans la boue tout en soulignant une condescendance persistante des politiciens alémaniques envers leurs collègues francophones. La Conseillère nationale Verte Libérale vaudoise Céline Weber est allée plus loin, considérant la critique de l'establishment du parti alémanique comme un symptôme de radicalisation politique et d'un manque de respect systémique envers le leadership féminin au sein de l'UDC.
De son côté, la politicienne genevoise refuse de céder. Dans une déclaration écrite à la RTS, Céline Amaudruz a souligné que les vents contraires politiques ne faisaient que renforcer ses ambitions : « Ces attaques renforcent ma détermination et ma candidature. Elles prouvent que je sais faire face à l'opposition et aux attaques personnelles. » Elle s'est dite convaincue que cette capacité à supporter la pression l'aiderait à garantir sa place sur la liste officielle soumise au Parlement.
Que l'expérience en entreprise soit perçue comme un atout ou un handicap politique reste une question de commodité à Berne. La nette distinction tracée entre les factions alémaniques et francophones suggère que la querelle autour des sièges d'administrateur est moins une question d'éthique de gouvernance qu'une question de répartition du pouvoir selon les lignes linguistiques.
Écrit par Christiane Hofreiter
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