Le Froid Réalisme de la Course au Poste de Secrétaire général de l'ONU

Un vote effondré au Conseil de sécurité contraint Michelle Bachelet à se retirer, laissant Rebeca Grynspan du Costa Rica en tête.

The Cold Realism of the UN Secretary-General Race

La rhétorique ambitieuse sur le multilatéralisme est séduisante dans les salons diplomatiques, mais elle échoue régulièrement face à l'arithmétique froide du Conseil de sécurité des Nations Unies. Michelle Bachelet a appris cette leçon une fois de plus lorsqu'elle a officiellement mis fin à sa candidature au poste de prochain Secrétaire général de l'ONU, s'inclinant devant la triste réalité d'une part de voix en chute libre.

L'ancienne présidente chilienne de 74 ans et ancienne haute-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU a annoncé son départ via une vidéo sur les réseaux sociaux samedi, indiquant qu'elle poursuivrait son travail international par d'autres voies. Ce retrait faisait suite à un troisième vote indicatif informel vendredi, qui a révélé que le soutien des quinze membres du Conseil de sécurité s'était effectivement évaporé. Pour une candidate ayant axé sa campagne sur la défense du droit international et la coopération institutionnelle, le manque de soutien rendait toute avancée impossible.

Le départ de Bachelet réduit le nombre de candidats actifs à sept pour succéder à António Guterres à la fin de son second mandat de cinq ans, le 31 décembre. Rebeca Grynspan du Costa Rica a pris la tête après le vote de vendredi, bien que d'autres candidats puissent encore se présenter avant la clôture de la sélection.

Les mécanismes de choix d'un Secrétaire général restent une leçon de realpolitik institutionnelle. Bien que l'Assemblée générale, composée de 193 membres, élise finalement le chef diplomate, son vote n'est qu'une formalité. Le véritable pouvoir réside strictement au sein du Conseil de sécurité, où le consensus entre les nations clés est obligatoire. Lorsqu'un sondage informel indique qu'un candidat a perdu de son élan – ou fait face à un veto inévitable – le retrait est rapide.

Malgré tout l'accent mis publiquement sur la gouvernance mondiale, le Conseil de sécurité privilégie les candidats capables de combler les profonds fossés géopolitiques plutôt que ceux qui s'appuient uniquement sur des CV institutionnels traditionnels. À mesure que le processus se poursuit, les prétendants restants sont confrontés à un mécanisme de vérification impitoyable où la survie exige une large tolérance diplomatique.

Écrit par Freya Stensrud

freya.stensrud@alpineweekly.com