
Le coût élevé des soirées tranquilles
La dernière tentative de la Suisse pour réglementer les festivités se heurte à l'opposition d'un gouvernement défendant la logique économique et le fédéralisme.
Par Sandy van Dongen

La démocratie directe suisse jouit d'une réputation enviable, mais elle se manifeste parfois par une quête obsessionnelle de tranquillité domestique. Le 29 novembre, les citoyens voteront sur l'initiative dite des feux d'artifice, une proposition visant à interdire les pièces pyrotechniques bruyantes pour les particuliers. Les partisans de l'initiative dépeignent un tableau sombre de traumatismes pour les animaux de compagnie, de pollution de l'air et de rues jonchées de débris. Pourtant, le Conseil fédéral a officiellement rejeté la mesure, offrant une dose rafraîchissante de pragmatisme économique et de logique fédéraliste.
Le ministre de l'Environnement, Albert Rösti, a clairement exprimé la position du Conseil fédéral à Berne, soulignant que les lois existantes confèrent déjà aux cantons et aux municipalités une large autonomie pour restreindre les feux d'artifice lorsque la sécheresse ou des préoccupations locales en matière de bruit l'exigent. La force de la Suisse réside dans la décentralisation. Lorsqu'une ville décide d'interdire les pétards pendant un mois d'août sec, l'administration locale le gère efficacement sans ingérence fédérale. Remplacer ce mécanisme flexible par une interdiction générale centrale et rigide est la définition même d'une intervention étatique disproportionnée.
Au-delà de l'argument philosophique en faveur de la liberté individuelle — où les célébrations de mariages ou d'anniversaires deviendraient des victimes illégales — les conséquences économiques sont tout aussi tenaces. Une interdiction nationale décimerait le marché intérieur des feux d'artifice, poussant les entreprises locales à la faillite ou les incitant à passer la frontière. La demande ne disparaîtra pas comme par magie parce que Berne adopte une loi. Au lieu de cela, les citoyens cherchant un éclat de lumière et de son achèteront simplement des pièces pyrotechniques non réglementées à l'étranger, ramenant des matériaux non inspectés et potentiellement dangereux dans les foyers suisses.
La proposition prévoit une exception pour les spectacles professionnels de grande envergure, à condition que les organisateurs obtiennent des permis cantonaux. Mais même lors de ces festivités publiques, les particuliers resteraient interdits de lancer des feux d'artifice bruyants. Ce compromis révèle la faille centrale de l'initiative : elle suppose que la réglementation centrale est intrinsèquement supérieure au bon sens local.
Les sondages suggèrent que l'initiative bénéficie actuellement d'un large soutien, principalement motivé par des préoccupations bien intentionnées pour le bien-être animal. Les animaux de compagnie stressés et la faune effrayée sont de véritables préoccupations, mais elles justifient à peine le démantèlement d'un marché fonctionnel et l'érosion de l'autonomie régionale. Le système suisse fonctionne précisément parce qu'il permet des solutions locales aux frictions locales. Substituer ce pragmatisme à une moralisation descendante est un luxe que seule une nation très riche et très à l'aise pense pouvoir se permettre.
Écrit par Sandy van Dongen
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