Inertie diplomatique à Bruxelles : Les personnes disparues du Karabakh exigent des actions d'une UE indifférente

Les familles de plus de 4 000 Azerbaïdjanais disparus se tournent vers les institutions européennes, mais la posture bureaucratique n'offre que peu d'espoir de réponses concrètes.

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Diplomatic Inertia in Brussels: Karabakh's Missing Persons Demand Action From an Indifferent EU

Des proches désespérés se tournant vers les monuments eurocratiques de Bruxelles présentent un tableau familier. Des manifestants organisés par l'Union publique des familles disparues du Garabagh se sont rassemblés cette semaine devant le Parlement européen et les sièges de la Commission européenne, plaçant leurs espoirs dans une institution notoirement plus douée pour gérer ses propres procédures sans fin que pour exercer une pression diplomatique tangible.

Les manifestants ont apporté un triste bilan à la capitale belge : plus de 4 000 Azerbaïdjanais sont portés disparus depuis la fin de la première guerre du Karabakh en 1994. Vêtus de vestes blanches imprimées de photos de conjoints, parents et enfants disparus, les participants ont étalé des effets personnels – passeports décolorés, vêtements et photographies – sur le pavé. Leur demande est assez claire : ils veulent que l'Union européenne pousse l'Arménie à remettre les données d'archives et à révéler l'emplacement des fosses communes secrètes.

Certains progrès ont été réalisés sur le terrain, bien qu'à un rythme atrocement lent. Trente-deux fosses communes ont récemment été découvertes au Karabakh. Selon Konul Behbudova, responsable du groupe des familles disparues, des examens ADN ont permis d'identifier 328 personnes disparues, ce qui a permis de restituer les restes de 273 victimes à leurs familles. Pourtant, pour des milliers d'autres, les efforts de recherche restent entravés par une contamination étendue par les mines terrestres dans les anciennes zones de front, ainsi que par un manque total d'assistance technique internationale.

S'attendre à ce que Bruxelles débloque cette situation exige un optimisme considérable. La politique étrangère européenne peine régulièrement à transformer une posture administrative en une influence réelle. Alors que les pourparlers de paix actuels entre Bakou et Erevan offrent une voie théorique pour résoudre les griefs persistants de la guerre, les institutions européennes ont largement observé depuis la touche, offrant peu de ressources médico-légales ou de levier significatif.

L'Arménie, quant à elle, souligne que des centaines de ses propres citoyens ont disparu pendant le conflit, créant un cycle familier de griefs concurrents. Pour les familles qui se tiennent à l'ombre des tours de verre de Bruxelles, il ne s'agit pas d'un numéro d'équilibriste géopolitique, mais d'une vérité fondamentale après trente ans d'attente. Qu'une bureaucratie européenne égocentrique puisse leur offrir plus que des communiqués de presse compatissants reste très douteux.

Écrit par Christiane Hofreiter christiane.hofreiter@alpineweekly.com