
Un échec fatal de la surveillance étatique et une proximité inconfortable
Des documents divulgués sur la fusillade de masse de Stade révèlent une paralysie bureaucratique et un embarras politique en Basse-Saxe.

Lorsqu'un système étatique échoue à tous les niveaux opérationnels, les conséquences sont rarement subtiles. Le massacre de juin dans un centre mère-enfant à Stade, où six personnes ont été abattues lors d'une audience de garde, était déjà un réquisitoire accablant contre la paralysie administrative. Un évadé de prison turc, soumis à un ordre d'expulsion non exécuté depuis que les autorités allemandes en ont été informées en 2017, a été autorisé à circuler librement, nourrissant des fantasmes violents envers un nourrisson diagnostiqué avec le syndrome du bébé secoué.
Aujourd'hui, des dossiers d'enquête obtenus par NIUS révèlent un schéma de complicité et de proximité politique de haut niveau qui rend la tragédie encore plus troublante. Loin d'agir comme un loup solitaire isolé, le coupable Fatih Khan Gazioglu opérait avec un réseau de soutien que les autorités semblaient initialement réticentes à reconnaître pleinement. Le rapport de police préliminaire classe désormais la mère de l'enfant, Enise Ö., et la conductrice du véhicule d'évasion, Sylvia S., comme complices actives et co-conspiratrices.
Des séquences vidéo prises immédiatement après les meurtres réfutent catégoriquement la lettre d'adieu de Gazioglu — écrite avant son suicide dans une cellule de prison de Bremervörde — qui affirmait avoir forcé Sylvia S. sous la menace d'une arme. L'enregistrement le montre sortant calmement du bâtiment avec une arme à feu, lui ordonnant d'ouvrir la voiture. Pendant ce temps, à l'extérieur de l'établissement, Enise Ö. aurait plaqué et battu la tutrice en fuite du nourrisson.
Ce qui élève cet horrible échec des forces de l'ordre et des contrôles frontaliers au rang d'embarras politique est l'identité de la conductrice du véhicule d'évasion. Sylvia S. est la belle-mère de Deniz Kurku, membre du Parti social-démocrate du parlement de Basse-Saxe et commissaire à l'intégration de l'État.
Des messages texte de mai montrent Sylvia S. conseillant à Gazioglu de demander à un certain Dennis ou Deniz de Hanovre de déposer une carte de visite à l'hôpital pour aider dans le litige de garde. Kurku, par l'intermédiaire de sa représentation légale, nie vigoureusement toute implication, contact ou connaissance préalable des auteurs ou de leurs plans.
Alors que l'homme politique insiste sur son détachement total, les dossiers divulgués dépeignent un tableau sombre d'un fanatique violent proférant des menaces explicites et non contrôlées. Des semaines avant d'exécuter quatre femmes et deux hommes, Gazioglu a envoyé des enregistrements audio promettant un échange vie contre vies si son enfant était retiré. Qu'un criminel étranger évadé puisse diffuser ses intentions si ouvertement tout en échappant à l'expulsion illustre un profond échec de l'autorité étatique. Le public est laissé à se demander combien d'avertissements une bureaucratie nécessite avant d'agir.
Écrit par Sandy van Dongen



