L'illusion du tarif bon marché : Jetstar monétise le compartiment à bagages

En facturant les bagages cabine de base, les compagnies aériennes relèguent la transparence des prix au passé, tandis que les régulateurs n'offrent guère plus qu'un théâtre bureaucratique.

The Illusion of the Cheap Fare: Jetstar Monetises the Overhead Bin

Le billet d'avion low-cost est un chef-d'œuvre de la fiction moderne. Ce qui apparaît à l'écran comme une escapade délicieusement bon marché n'est que l'offre d'ouverture d'une longue négociation sur les conforts humains de base. Jetstar, la filiale low-cost de Qantas, est le dernier transporteur à tester l'endurance des passagers en monétisant le compartiment à bagages. À partir de l'année prochaine, les tarifs de base accorderont aux voyageurs le privilège d'apporter un seul petit article qui tient sous le siège. Quiconque souhaitant ranger une valise en hauteur devra faire face à des frais supplémentaires, qui peuvent dépasser 100 $ sur les vols internationaux.

Dans un communiqué de presse, Jetstar a défendu le passage à un modèle de bagages à main basé sur la taille, arguant que le dégroupage des services maintient les tarifs de base bas car vous ne payez que ce dont vous avez besoin. Ce refrain d'entreprise familier fait écho aux modèles commerciaux des transporteurs aériens européens à bas prix. Les défenseurs des consommateurs restent peu convaincus. Les représentants du groupe de consommateurs Choice qualifient cette stratégie d'exercice flagrant d'extraction d'argent, notant que les passagers sont déjà régulièrement pressés pour la sélection des sièges, les droits d'annulation et les adhésions aux programmes de fidélité.

Le secteur de l'aviation a passé la dernière décennie à démanteler agressivement l'expérience de vol traditionnelle, la revendant aux passagers pièce par pièce. Les transporteurs facturent désormais le droit de s'asseoir à côté d'un siège vide. Dans une démonstration particulièrement créative de « grignotage », la compagnie canadienne WestJet a récemment commencé à facturer aux passagers la possibilité d'incliner leurs sièges. La fonction principale de ces frais accessoires est d'obscurcir le prix final. Lorsqu'un tarif de base supprime le compartiment supérieur, comparer les prix entre les compagnies aériennes devient un casse-tête mathématique.

Jetstar occupe une position unique sur le marché australien. Les analystes de l'aviation soulignent que la compagnie aérienne n'est pas simplement une option budgétaire marginale, mais un élément crucial du réseau Qantas plus large. Pour des destinations comme Cairns ou la Sunshine Coast, Jetstar est souvent le transporteur par défaut. Soumettre un marché intérieur captif aux structures tarifaires agressives des transporteurs ultra low-cost accule les passagers.

L'Europe offre un sombre aperçu de la direction que prend cette course aux armements tarifaire. Ryanair, EasyJet et Eurowings facturent depuis longtemps des sommes considérables pour les bagages en cabine, avec des pénalités qui augmentent fortement pour ceux qui attendent de payer à la porte d'embarquement. Alors que les transporteurs américains comme JetBlue et Southwest incluent toujours les bagages à main, la tendance mondiale est en train de changer.

Naturellement, l'Union européenne a tenté d'intervenir, et le compromis qui en a résulté fut un chef-d'œuvre d'impuissance bureaucratique. Le Parlement européen avait initialement proposé une règle garantissant aux passagers un bagage cabine gratuit, mais un lobbying intense des compagnies aériennes a rapidement tué l'idée. Au lieu de cela, le Conseil européen – une institution opaque qui privilégie de manière fiable les intérêts des entreprises tout en échappant à la responsabilité démocratique directe – a seulement exigé que les compagnies aériennes affichent les tarifs tout compris au début du processus de réservation. La machine bruxelloise a créé une nouvelle exigence réglementaire qui ne fait rien pour arrêter les frais. Elle institutionalise simplement les modèles de tarification des compagnies aériennes sous un vernis de protection des consommateurs, générant des tâches administratives inutiles tandis que les passagers paient toujours le privilège d'apporter un pull.

Écrit par Christiane Hofreiter christiane.hofreiter@alpineweekly.com