Le Mexique envoie de l'aide alimentaire à Cuba alors que le blocus pétrolier américain aggrave la crise de l'île

Deux navires de la marine mexicaine se dirigent vers La Havane avec plus de 800 tonnes de fournitures alors que les pénuries de carburant, les coupures de courant et la rareté de la nourriture s'aggravent

Large white hospital ship with red crosses visible at sea under a cloudy sky.

Le Mexique a dépêché deux navires de guerre transportant des centaines de tonnes d'aide alimentaire à Cuba, intervenant alors que l'île est aux prises avec des pénuries croissantes déclenchées par la rareté du carburant et le renforcement des sanctions américaines.

Selon le ministère des Affaires étrangères du Mexique, les navires sont chargés de denrées alimentaires essentielles, notamment du lait, du lait en poudre, du riz et de la viande, totalisant 814 tonnes. Les navires, exploités par la marine mexicaine, devraient atteindre Cuba dans les quatre jours.

Cette livraison intervient alors que Cuba fait face à l'une de ses crises économiques et énergétiques les plus graves de ces dernières années. Les pénuries chroniques de carburant ont entraîné de fréquentes coupures de courant, perturbé la distribution alimentaire et exercé une pression croissante sur les hôpitaux et les services publics. Le tourisme, l'une des principales sources de devises étrangères du pays, a également fortement diminué.

Les autorités mexicaines ont présenté cette aide comme un acte de solidarité régionale, soulignant que le Mexique entretient des relations de coopération à travers l'Amérique latine et les Caraïbes, Cuba occupant une place spéciale dans sa politique étrangère. Le gouvernement a également noté qu'il avait récemment fourni une assistance aux États-Unis, notamment à la Californie après les incendies de forêt et au Texas après de graves inondations, soulignant que son soutien humanitaire n'est pas limité par des alliances politiques.

La situation actuelle de Cuba est étroitement liée à une nouvelle répression américaine contre les exportations de pétrole vénézuélien. En décembre, le président Donald Trump a ordonné un blocus total des pétroliers sanctionnés transportant du brut vénézuélien, une mesure qui a directement touché La Havane, qui dépendait depuis longtemps du carburant subventionné de Caracas.

La situation s'est encore détériorée après la détention du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro, un événement qui a effectivement privé Cuba de l'un de ses partenaires politiques et économiques les plus importants. Par la suite, Washington a également averti de l'imposition potentielle de tarifs douaniers et de pénalités contre les pays qui fournissent encore du pétrole à l'île.

Le Mexique, qui était récemment devenu le plus grand fournisseur de pétrole restant de Cuba, a suspendu ses exportations de carburant sous la pression croissante. Cette décision a aggravé la crise énergétique, laissant le gouvernement cubain chercher désespérément des alternatives tout en rationnant l'électricité et les biens de première nécessité.

Bien que l'envoi d'aide mexicaine offre un soulagement à court terme, il ne résout guère les défis structurels auxquels l'île est confrontée. Pour de nombreux Cubains, la vie quotidienne continue d'être marquée par de longues coupures de courant, des pénuries de nourriture et de médicaments, et des perspectives économiques incertaines.

Alors que les tensions géopolitiques se resserrent à nouveau autour de Cuba, la démarche du Mexique met en lumière le fossé de plus en plus marqué entre les gestes humanitaires et les dures réalités de la diplomatie axée sur les sanctions.

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