Six arrestations après des affrontements lors d'un rassemblement anti-immigration à Manchester
Les tensions montent entre les partisans de Britain First et les contre-manifestants alors que la police intervient au centre-ville

Six personnes ont été menottées samedi à Manchester après que les esprits se soient échauffés lors d'un rassemblement anti-immigration qui a attiré des milliers de personnes au cœur de la ville, a indiqué la police. Le rassemblement, surnommé la « Marche pour la Rémigration », a été organisé par Britain First, un groupe politique d'extrême droite qui milite activement pour les expulsions massives de migrants sans papiers. Leurs partisans se sont mobilisés en force, des drapeaux britanniques et anglais partout où l'on regardait, tandis qu'ils serpentaient dans les rues centrales sous la surveillance attentive des forces de l'ordre. Pendant ce temps, les contre-manifestants n'étaient pas loin derrière ; des groupes comme Stand Up to Racism Manchester et Resist Britain First se sont manifestés pour s'opposer à ce qu'ils appellent des messages et des politiques anti-immigrants. Le résultat.
Deux camps opposés, pratiquement côte à côte, une recette pour la tension s'il en fut, et il n'a pas fallu longtemps avant que les choses ne dégénèrent. La police du Grand Manchester a déclaré que les agents avaient dû intervenir lorsque des bagarres ont éclaté entre manifestants rivaux. Des témoins oculaires (et de nombreuses vidéos virales) ont capturé le chaos : des bousculades se transformant en véritables bagarres alors que les gens s'affrontaient directement sur le trottoir. Un clip qui circule en ligne montre plusieurs manifestants agitant des drapeaux donnant des coups de pied à un homme déjà au sol ; une autre vidéo montre quelqu'un frappant un officier pendant toute la commotion. Les autorités n'ont pas encore divulgué les noms liés à ces incidents.
Selon les déclarations de la police, ces six arrestations ont été effectuées pour suspicion de trouble à l'ordre public et d'atteinte à la paix ; les infractions présumées vont de l'agression de secouristes à l'ignorance des ordres de dispersion émis en plein rassemblement. Pour rappel, les ordres de dispersion permettent aux agents d'ordonner à des individus ou des groupes de quitter temporairement certaines zones si des troubles se préparent. Tout au long de la journée de samedi, la police était présente en grand nombre, formant des lignes entre les factions et faisant de son mieux pour maintenir les deux camps séparés (parfois avec des résultats mitigés). Malgré ces efforts, des points chauds ont continué d'apparaître dans toute la ville et ont nécessité encore plus d'interventions pour éviter que la situation ne dégénère davantage. Ce n'est pas exactement un nouveau terrain pour Britain First, qui a déjà organisé des rassemblements similaires axés uniquement sur l'immigration, provoquant souvent des contre-manifestations selon des schémas prévisibles.
L'immigration elle-même reste l'une de ces questions fondamentales qui divisent l'opinion à travers le Royaume-Uni : les débats sur les frontières, les demandeurs d'asile, l'expulsion – tout cela est très actuel. Manchester n'est pas non plus étrangère aux grandes manifestations ; les autorités locales ont beaucoup d'expérience dans la gestion de manifestations simultanées couvrant toutes sortes de causes. Pourtant, chaque fois que des groupes aussi fortement opposés sont réunis au centre-ville comme cela, le défi pour la gestion de la foule augmente de plusieurs crans. À ce stade. La police n'a pas précisé si d'autres arrestations sont à prévoir à mesure que les enquêtes progressent.
Ils examinent les preuves vidéo, y compris les clips publiés en ligne, pour reconstituer exactement ce qui s'est passé pendant les troubles de samedi. En fin de compte : ces affrontements mettent à nu à quel point les opinions sur la politique d'immigration se sont récemment polarisées en Grande-Bretagne. Les manifestations elles-mêmes font partie intégrante de la vie démocratique, mais comme Manchester l'a montré ce week-end, lorsque des mouvements opposés s'affrontent de manière si rapprochée... les tensions peuvent éclater rapidement et de manière imprévisible. Pour l'instant du moins, les responsables insistent sur le fait que leur priorité absolue reste d'assurer la sécurité des personnes et de veiller à ce que les futurs rassemblements ne dégénèrent pas en davantage de désordre.