févr. 17, 7:54 AM

Baiser en direct d'un entraîneur italien soulève des questions de consentement

Un moment télévisé en direct impliquant l'entraîneur de la Juventus, Luciano Spalletti, et une journaliste a ravivé le débat en Italie sur le consentement, le pouvoir et ce qui passe encore pour de l'humour dans la culture du football.

Ce qui a commencé comme une interview tendue après-match dans le football italien s'est terminé par un geste imprévu qui a depuis voyagé bien au-delà du terrain. Lors d'un segment télévisé en direct suivant le match nul 2-2 de la Juventus contre la Lazio, l'entraîneur principal Luciano Spalletti s'est inopinément penché et a embrassé la journaliste Federica Zille sur l'épaule, transformant une discussion sur les décisions arbitrales en une conversation nationale sur les limites.

L'échange a eu lieu lors d'une émission sur DAZN, où Zille interviewait Spalletti après un match qui l'avait visiblement irrité. Tout en expliquant ce qu'il considérait comme une faute méritant un penalty, l'entraîneur a orienté la conversation vers l'idée de « contact » dans le football. Il a ensuite demandé à la journaliste s'il pouvait l'embrasser. Avant qu'une réponse ne puisse être donnée, le geste était déjà fait. Zille a ri maladroitement, le studio a réagi avec amusement, et l'interview a continué.

La séquence a rapidement circulé en ligne, suscitant des réactions très partagées. Certains commentateurs italiens ont qualifié le moment de maladroit mais inoffensif, un malentendu amplifié par les médias sociaux. D'autres ont remis en question la pertinence pour un entraîneur masculin de haut niveau, s'exprimant depuis une position d'autorité à la télévision en direct, d'initier un contact physique avec une journaliste sans consentement clair.

Des comparaisons ont inévitablement suivi avec des incidents très médiatisés antérieurs dans le sport européen, où des baisers non sollicités ont entraîné de graves conséquences professionnelles. Dans ce cas, cependant, la réponse institutionnelle immédiate a été remarquablement discrète. Aucune mesure disciplinaire n'a été annoncée, et les critiques de certaines parties de la presse italienne ont été balayées comme une réaction excessive, certains médias rejetant le débat comme un exemple de « politiquement correct » excessif.

L'épisode a révélé des lignes de fracture familières dans le débat public italien sur le genre et le pouvoir dans le sport. Le football reste un espace profondément dominé par les hommes, en particulier aux niveaux d'élite, et des gestes qui pourraient être impensables dans d'autres contextes professionnels sont encore parfois défendus comme des blagues ou des expressions de tempérament. Le fait qu'un acte similaire par une entraîneure envers un journaliste masculin soit presque impossible à imaginer en dit long sur le déséquilibre.

Plusieurs jours plus tard, Zille elle-même a abordé l'incident, minimisant sa gravité et affirmant qu'elle n'avait pas considéré le baiser comme irrespectueux ou abusif. Sa réaction a été citée par les défenseurs de Spalletti comme preuve qu'aucun mal n'avait été fait. Pourtant, les observateurs notent que le confort personnel ne résout pas automatiquement la question plus large des normes, surtout lorsque des actions se produisent en public et sont diffusées à des millions de personnes.

Spalletti, pour sa part, a continué à présenter le geste comme faisant partie de sa démonstration sur le « contact », apparemment inconscient que cette explication ne faisait que souligner la critique. À une époque où les organisations sportives insistent sur leur modernisation, l'incident a suggéré que le changement culturel est souvent en retard par rapport à la rhétorique officielle.

Aucune affaire formelle n'a été ouverte, et le football italien passera à la prochaine journée de match. Mais ce moment bref et inconfortable a laissé une impression durable. Il a illustré à quel point les limites peuvent être facilement franchies, à quelle vitesse de tels actes sont normalisés et à quel point l'indignation peut être sélective selon l'endroit – et par qui – un geste est fait.

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