
Guy Parmelin quitte ses fonctions : une main ferme, pas une force politique
Après près de onze ans au Conseil fédéral, le ministre de l'UDC s'en va avec un bilan fait de compétence, de retenue et sans grand éclat.

La démission de Guy Parmelin ne s'accompagne pas de grand spectacle, ce qui convient parfaitement à un politicien dont le principal atout n'a jamais été le sensationnel. Après près de onze ans au Conseil fédéral, il laisse derrière lui un bilan que le politologue Georg Lutz de l'Université de Lausanne décrit comme solide, utile et, au final, limité dans son poids historique.
Ce verdict prudent commence par la manière dont Parmelin est entré en fonction. Son élection fut, selon Lutz, une surprise pour l'UDC ; le parti avait plutôt espéré Thomas Aeschi. Parmelin était certes digne de confiance, mais pas considéré comme le porte-drapeau évident. Il a dû faire ses preuves, et pendant un temps, les médias n'étaient pas enclins à l'aider.
Ses deux premières années au Département de la défense, de la protection de la population et des sports furent particulièrement délicates. Le vote sur le Gripen avait déjà échoué avant son entrée en fonction, et il a ensuite dû rouvrir le dossier de l'avion de combat sous une forte pression budgétaire. C'est une mission difficile pour quiconque, et il faut résister à la tentation de confondre une mauvaise position de départ avec un échec personnel. Néanmoins, cela n'a pas créé le genre d'élan initial qui forge une légende politique.
Il a semblé plus à l'aise par la suite au Département de l'économie, de la formation et de la recherche. Là, la persévérance a porté ses fruits : des accords de libre-échange avec la Chine et l'Inde ont été conclus, et les négociations sur l'accord du Mercosur ont progressé sous sa responsabilité. Les relations avec l'UE et les États-Unis devenant plus difficiles, c'était une approche pragmatique plutôt que spectaculaire. En politique suisse, le pragmatisme est souvent la seule chose qui survit à la salle de réunion.
La plus grande épreuve de Parmelin est survenue pendant la pandémie de Covid. Lutz affirme qu'il s'est comporté en joueur d'équipe et en bon communicateur, notamment lors de son année présidentielle. Le Conseil fédéral, du moins de l'extérieur, semblait fonctionner comme une équipe, et Parmelin a constamment soutenu la position du gouvernement au complet. C'était plus discipliné que ce que certaines voix de son propre parti auraient pu préférer, mais le gouvernement n'a jamais été le lieu des projets de vanité.
Le dossier de l'UE l'a placé dans une position plus délicate, car les instincts de son parti ne correspondaient pas toujours aux exigences de sa fonction. Parmelin n'était pas le moteur du dossier, mais lorsque son rôle était nécessaire, il l'a joué correctement. Il a contribué à résoudre le conflit entre employeurs et syndicats, un pilier important de l'accord, et il l'a signé sans grand enthousiasme mais correctement. Parfois, c'est ce qui passe pour l'art de gouverner : non pas le génie, mais juste assez de retenue pour que la machine continue de tourner.
L'évaluation finale de Lutz est donc mesurée. Parmelin était un solide politicien de concordance et un joueur d'équipe qui a réussi l'équilibre entre une UDC qui aime les tons forts et un Conseil fédéral qui exige de la retenue. Ce qu'il n'était pas, selon Lutz, c'est le ministre qui a façonné de manière décisive la politique des dix dernières années. Dans un système qui récompense la prudence et punit l'excès, cela peut être respectable. Ce n'est pas exactement la matière de l'immortalité politique.
Écrit par Freya Stensrud
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