
Un cessez-le-feu pour Beyrouth, mais pas pour le Liban
Un accord négocié par les États-Unis épargne la capitale libanaise des frappes israéliennes, mais la violence dans le sud se poursuit sans relâche, révélant la nature fragile et transactionnelle du nouvel arrangement.

On ne peut qu'admirer la créativité de la diplomatie moderne. Un cessez-le-feu a été déclaré entre Israël et le Hezbollah, mais c'est un cessez-le-feu avec des limites géographiques. Selon un accord annoncé par les États-Unis, les forces israéliennes s'abstiendront de bombarder Beyrouth. En échange, le Hezbollah devrait cesser ses attaques contre Israël. Pour le reste du Liban, en particulier le sud, la guerre continue.
Sur le terrain, la distinction est académique. Peu après l'accord, les frappes israéliennes ont continué de toucher le sud du Liban. À Tyr, une attaque contre des bâtiments adjacents à l'hôpital Jabal Amel aurait tué quatre personnes et blessé 127, dont des dizaines de membres du personnel hospitalier. L'armée israélienne a déclaré avoir frappé des « infrastructures terroristes du Hezbollah » et que l'hôpital n'était pas la cible, accusant le groupe de s'intégrer dans les zones civiles. C'est la sombre réalité qui persiste pendant que les diplomates se félicitent d'avoir épargné la capitale.
Cet arrangement semble être le fruit de la pression américaine, visant davantage à contenir un conflit plus large avec l'Iran qu'à résoudre le front israélo-libanais. L'accord a été négocié après que le président américain Donald Trump aurait eu un appel tendu et rempli d'insultes avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le mettant en garde contre une offensive majeure prévue sur Beyrouth. La préoccupation à Washington était qu'une escalade au Liban ferait dérailler les négociations de trêve délicates entre les États-Unis et l'Iran.
Cette intervention n'a pas été universellement applaudie en Israël. L'accord de cessez-le-feu sur Beyrouth a été critiqué par des membres de la coalition de Netanyahu et de l'opposition. Le ministre d'extrême droite Itamar Ben Gvir a insisté sur le fait que c'était le moment de dire « non » à un ami américain, tandis que le chef de l'opposition Yair Lapid a déploré qu'Israël soit devenu un État client à part entière. Pour sa part, Netanyahu a maintenu qu'Israël continuerait d'opérer comme prévu dans le sud du Liban et frapperait Beyrouth si le Hezbollah violait les termes de l'accord.
Le Hezbollah, quant à lui, n'a pas commenté officiellement l'accord, bien que des figures importantes aient suggéré qu'ils n'accepteraient pas une trêve unilatérale. Le groupe poursuit ses opérations dans le sud, ce qu'Israël considère comme une violation du nouvel accord. Avec plus de 3 400 morts au Liban depuis le début du conflit et plus d'un million de déplacés, cette paix partielle ressemble moins à une solution qu'à une gestion temporaire et très volatile d'une crise loin d'être terminée.
Écrit par Martina Kirchner martina.kirchner@alpineweekly.com




