La Suisse ordonne l'expulsion d'un Autrichien condamné pour crimes de guerre en Ukraine

Un tribunal suisse juge que l'ancien mercenaire présente des risques pour la réputation et la sécurité du pays, bien qu'il vive tranquillement avec sa famille.

Les autorités suisses ont décidé d'expulser un citoyen autrichien condamné pour crimes de guerre liés au conflit en Ukraine, arguant que le laisser rester pourrait ternir l'image de la Suisse et mettre à rude épreuve ses relations étrangères.

Il ne s'agit pas d'une simple prudence bureaucratique : le Tribunal administratif fédéral de Saint-Gall a soutenu cette décision, estimant que cet individu représente un risque trop important pour la réputation de la Suisse sur la scène mondiale. Les juges n'ont pas mâché leurs mots : sa présence, ont-ils dit, pourrait nuire aux liens diplomatiques et même menacer les intérêts nationaux. Selon la décision du tribunal, ce que cet homme a fait était suffisamment grave pour mettre en péril les valeurs fondamentales de la société.

Cela seul a fait pencher la balance en faveur de son expulsion. Quant à son passé... Il est originaire du Vorarlberg en Autriche et a été mercenaire dans plusieurs points chauds du globe. Après un passage par la formation militaire autrichienne, il a rejoint des combattants internationaux luttant contre l'État islamique en Syrie et a ensuite pris les armes aux côtés des troupes ukrainiennes après l'incursion initiale de la Russie en Ukraine en 2014. La situation se complique : alors qu'il était déployé en Ukraine, des membres de son unité ont détenu et interrogé un civil lors d'une sorte de dispute, et il a joué un rôle actif dans la maltraitance de cette personne.

Cet épisode l'a finalement placé au centre de poursuites pénales après que l'information ait atteint les autorités autrichiennes (apparemment via des informations transmises par nul autre que le FBI). Au tribunal, il a avoué, admis ce qui s'était passé et montré des remords. Au début, il a reçu une peine avec sursis : deux ans et demi de prison s'il récidivait. Mais ensuite, la Cour régionale supérieure d'Innsbruck a réexaminé les choses et a augmenté la peine ; une peine de trois ans pèse désormais sur lui, bien que deux ans soient toujours avec sursis. Après tout cela, il a demandé à purger sa peine en Suisse, un endroit où il vivait avec sa compagne et leurs deux enfants depuis un certain temps.

Les autorités suisses n'ont pas accepté ; elles ont quand même ordonné son expulsion. L'Office fédéral de la police a officialisé la décision avec un ordre d'expulsion émis en 2024, assorti d'une interdiction de cinq ans d'entrer en Suisse, et oui, les services de renseignement ont également donné leur accord. Les fonctionnaires ont soutenu qu'il était impossible qu'une personne condamnée pour violation des Conventions de Genève puisse rester sans remettre en question tout ce que la Suisse représente à l'échelle internationale, ce qui n'est pas anodin lorsque votre pays compte sur sa réputation mondiale de neutralité et de respect du droit. Il s'est opposé à l'expulsion, arguant que cela diviserait sa famille, mais a finalement perdu cette manche aussi. Le tribunal a statué que l'intérêt public l'emportait sur la difficulté privée ici ; assurer la sécurité de la société l'emportait sur tout coût personnel subi par lui ou ses proches (du moins en ce qui concerne la justice suisse).

Il reste une carte à jouer : un appel devant le Tribunal fédéral suisse reste possible. Mais à moins d'un revirement de dernière minute, il n'aura d'autre choix que de quitter le sol suisse, pour de bon cette fois.